Belgique : Nos artistes meurent de n’être pas reconnus – Faute de statut social et fiscal, les artistes belges sont jetés dans la misère

Quel est le problème ?

Le métier d’artiste – qu’on soit acteur, écrivain, clown, musicien – n’est pas un métier saisonnier, la culture n’arrête jamais de tourner. Inutile de tenter de comparer les artistes à des couvreurs, des maçons, des bûcherons. Par contre, c’est un métier où l’activité n’est pas rémunérable en permanence. Le travail est déconnecté de l’argent, il passe par des phases de création, de répétition, de production qui ne sont pas du chômage au sens d’un « arrêt de travail » mais des périodes de perte de tout revenu, que les cachets ponctuels ne compensent jamais. Les artistes travaillent alors sans être payés mais, faute de statut adéquat – ni saisonnier ni sans emploi – ils sont considérés par l’Onem comme « des-chômeurs-comme-les-autres ».

Dans un pays centralisé comme la France, le problème ne se pose pas : « Quand ils vont à Pôle Emploi, les artistes ne sont pas vus comme des chômeurs mais comme des intermittents du spectacle, explique Arnaud Bronsart. Alors que nous, quand on va à l’Onem, ce n’est pas un artiste qu’ils voient mais un chômeur. »

Et ce n’est pas près de s’arranger : en Belgique l’emploi est une compétence fédérale, la culture une compétence communautaire. Ni l’Onem, le Forem ou Actiris, ni l’ONSS, ni le SPF Finances ou les secrétariats sociaux pour artistes (Smart, notamment), pas même les syndicats ne parviennent à se mettre d’accord sur une définition des fonctions d’artistes, encore moins sur un statut. S’y ajoute désormais un fossé culturel et idéologique : la Flandre a développé son propre star system et a un œil sur les Pays-Bas où les artistes sont poussés à s’installer comme indépendants. La Communauté française, dont le marché artistique est parasité par Paris, lorgne vers le statut français de l’intermittent. Irréconciliables. Dans certains secteurs la Flandre vit sur un marché auto-centré, et elle subsidie les autres. La Communauté française sous-subsidie, au pire elle recourt au tax shelter qui n’est rien d’autre qu’un dumping fiscal sur le dos des artistes d’autres pays Europe.

Le résultat ?

Témoignage de divers artistes dans un dossier du journal Le Soir : https://plus.lesoir.be/210879/article/2019-03-07/nos-artistes-meurent-de-netre-pas-reconnus



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