Point de vue : ET SI ON PARLAIT D’ÉCO-JAZZ ?

Discussion entre Stéphan Oliva et Sébastien Boisseau sur le jazz : son économie et son écologie.

Stéphan Oliva : Les gens doivent comprendre qu’il faut continuer à acheter des disques et acheter des livres. On est menacé à un niveau culturel. Même si on nous fait croire que ce ne sont que des supports et que ça glisse vers d’autres façons de communiquer la musique, le grand problème c’est que j’ai peur de la disparition de l’écoute globale au profit de l’écoute morceau par morceau, et peut-être même seconde par seconde.

Le numérique n’est pas le problème mais la culture en est un. J’entends des amis producteurs qui sont prêts à capituler et dire que c’est foutu. L’édition discographique, c’est la publication moderne de la musique au même titre que l’était la publication d’une partition au XIXe siècle. C’est très important.

TOUTES LES MUSIQUES SE RESSEMBLENT ET ON NE SAIT PLUS COMMENT LES ÉCOUTER

Sébastien Boisseau : Curieusement, c’est un sujet assez tabou. On en parle entre nous dans le milieu parce qu’on est très inquiets ; pourtant, lorsqu’on aborde ces questions-là, on a l’impression de passer pour des dinosaures qui refusent le progrès. Ce n’est pas vraiment ça. Ce qui nous inquiète, c’est aussi le rapport au son. C’est quelque chose que j’aborde dans les Salons de musique. La présence des instruments et les vibrations que les gens reçoivent en direct sont souvent un choc. Je leur explique alors qu’ils sont là en face d’une vraie expérience qui n’a rien à voir avec le fait de consommer de la musique sur des petits appareils.

On se perd à ne pas aller au cœur de la musique, à écouter surtout l’emballage, voire l’emballage visuel. Toutes les musiques se ressemblent et on ne sait plus comment les écouter. C’est à celui qui fera la plus belle enveloppe. Comme dans l’industrie alimentaire, la part nutritionnelle de la nourriture est derrière le produit trafiqué, mal emballé et qui crée des déchets. On n’arrive que misérablement à prendre les vitamines du yaourt, quand il en reste. Nous, on prône l’inverse : d’abord les vitamines, la nourriture et puis ensuite éventuellement le reste. En tout cas, c’est comme ça qu’on fait la musique.

Suite de l’article de Citizenjazz : https://www.citizenjazz.com/Et-si-on-parlait-d-eco-jazz.html

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