France : Les festivals de taille intermédiaire inquiets (Les Echos)

Le Syndicat des Musiques Actuelles dénonce les difficultés de ses adhérents face à l’offensive des grands groupes prêts à investir lourdement dans des festivals, comme des élus locaux qui en font des outils de leur marketing territorial.

Le festival est un concept qui séduit : pour preuve, l’annonce mercredi par Vivendi et OL Groupe, maison mère de l’Olympique Lyonnais , du lancement d’un festival dans le Groupama Stadium , résidence du club de foot. De fait, tandis que les ventes de CD se sont effondrées le poids des festivals dans la diffusion des musiques actuelles ne cesse de progresser. Entre 2010 et 2017, il est passé de 11 à 15 % en nombre de représentations, de 20 à 25 % en fréquentation, de 15 à 21 % en billetterie.

Cet engouement a fait flamber de 45 % les cachets des têtes d’affiche entre 2015 et 2018, selon le Syndicat des Musiques Actuelles (SMA), lequel réunit 75 festivals indépendants de taille intermédiaire (1,16 million d’euros de budget en moyenne). Dans le même temps, les coûts de sécurité ont augmenté de 19 %, tandis que les subventions des villes ont baissé de 13 %, celles des agglomérations de 17 %, des départements de 19 % et des régions de 7 %. L’Etat, lui, n’a cessé de se désengager en 10 ans, réduisant de moitié les festivals qu’il aide.

La scène musicale française bousculée par la mondialisation

Une équation complexe à résoudre pour les festivals indépendants. « Malgré un taux de remplissage de 94 %, le point d’équilibre est de plus en plus difficile à atteindre », observe la déléguée générale de SMA, Aurélie Hannedouche. Ils sont fragilisés, coincés entre les événements portés par des grands groupes et ceux par certaines collectivités prêtes à organiser des manifestations coûteuses à finalité de marketing territorial au détriment de leur écosystème culturel. A l’image de l’Alpe d’Huez qui, avec la région Rhône-Alpes, s’est offert le grand festival électro Tomorrowland , ou Val de Rock dont le lourd financement de Val d’Europe pourrait assécher l’aide aux acteurs du territoire.

Prudence de mise

« Les politiques veulent de plus en plus leur événement sportif ou culturel afin de renforcer l’attractivité. Il faut que cela soit fait en concertation avec les structures menant un travail permanent de terrain », reconnaît le directeur de Live Nation France, Angelo Gopée. L’organisateur des Francofolies, Gérard Pont, cofondateur de Morgane, incite aussi à la prudence. Très sollicité par des collectivités soucieuses de s’acheter une marque, comme Tignes by Francos , il remarque que « les élus pensent parfois qu’un festival, ça marche tout seul. Non, il faut le faire grandir peu à peu ».Ainsi pour Essonne en Scène, dont le département est producteur et que Morgane organise ce mois-ci, un objectif raisonnable a été fixé de 2.500 festivaliers par jour.

Martine Robert



Catégories :Infos générales

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