FRANCE : LA POLITIQUE D’EXCEPTION CULTURELLE APPLIQUÉE AUX RADIOS MUSICALES

Quel est l’impact des plates-formes de streaming sur la radio, canal historique de diffusion des œuvres musicales ? Une exception culturelle fondée sur l’établissement de quotas est-elle encore pertinente ? Tels sont notamment les enjeux de la recherche menée par Sarah Jacqueline Lang.

Sarah Jacqueline Lang a achevé une thèse professionnelle, dirigée par Elena Borin à la Burgundy School of Business (BSB), sur l’impact des politiques d’exception culturelle française, dans un contexte d’évolution technologique. À travers l’exemple de la diffusion de la musique par la radio, elle s’interroge non seulement sur la pertinence d’une politique des quotas à l’heure où les plates-formes de streaming se multiplient, mais également sur différents impacts tels que la diversité culturelle, la diffusion-consommation ou encore la rémunération des artistes.

Elle propose, pour la première fois, une synthèse de ses recherches dans une série de trois articles publiés en exclusivité dans Profession Spectacle.

Extrait :

Face à la réalité du marché, des effets ambigus

Cependant, il est très vite apparu que ce cercle vertueux a laissé les professionnels de la radio prudents, dont la stratégie s’est à nouveau tournée vers une minimisation du risque. Dans la pratique, un effet appelé « taux de rotation »2 va décroître finalement la diversité au profit d’une fréquence plus concentrée sur une poignée de chansons françaises, jugées les plus prospères, afin d’atteindre les quotas. Par exemple, les radios les plus populaires telles que NRJ ou Skyrock ont ainsi fondé jusqu’à 75 % et 67 % de leurs diffusions mensuelles sur seulement… dix titres !

Défi raté pour les autorités, qui ont répliqué en 2016 par le durcissement de la loi : la diffusion concentrée sur dix chansons nationales et dépassant la moitié du quota requis (pour rappel, 40 % de la diffusion totale) n’est plus prise en compte pour son calcul. Cette nouvelle étape dans la bataille a surtout mis en lumière un effet jusque-là ignoré : les genres et langues sont imparfaitement substituables.

Par ailleurs, la réglementation semble relativement éloignée de la réalité de la création française, dans la mesure où un artiste français performant en langue étrangère n’est pas considéré dans le calcul des quotas. C’est pourquoi certains pensent qu’il est aujourd’hui désuet de ne pas prendre en compte que plus de 80 % de la musique produite par les labels français est en anglais. Ce dispositif semble donc « trop enfermé dans une logique d’exception culturelle au détriment de la diversité culturelle »3.

Si la notion d’exception culturelle est noble pour la musique française, le domaine de la radio ne peut pas, ou plus, se permettre d’ignorer les forces extérieures, liées à l’évolution du domaine.

Pour lire la suite : https://www.profession-spectacle.com/la-politique-dexception-culturelle-appliquee-aux-radios-musicales/



Catégories :Politique publique

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