Festivals de musique québécois : où sont les femmes?

En 2019, 23 % des artistes qui figurent dans les programmations des festivals québécois sont des femmes, selon les données compilées et analysées par Radio-Canada.

« Les femmes amènent quelque chose de complètement différent que les hommes » dans la société, affirme Sara Dendane, co-fondatrice de MTL Women in Music. « Et cette vision-là est tout aussi importante. »

La méthode d’analyse utilisée pour calculer la proportion de femmes peut facilement changer les résultats. Radio-Canada a choisi de différencier trois groupes : les hommes, les femmes et les groupes avec au moins un membre féminin ou non binaire (voir notre méthodologie).

Si on ne retient que des artistes ou des groupes entièrement féminins, la moyenne des festivals québécois est de 23 % en 2019. La proportion s’élève à 37 % lorsqu’on y ajoute les groupes mixtes.

Une parité à deux vitesses

Les festivals évaluent souvent eux-mêmes leurs proportions de femmes, et ce, particulièrement depuis le mouvement Femmes en musique, en 2017. Mais la méthodologie utilisée influence énormément les résultats. Les proportions de femmes qui apparaissent dans les médias peuvent donc parfois être… plutôt gonflées.

Keychange, un mouvement international qui souhaite augmenter le nombre de femmes dans les festivals, ne prend en compte que deux groupes : hommes et femmes.

Selon sa méthodologie, un groupe de musique de six personnes dont seule la percussionniste est une femme entre automatiquement dans la catégorie « femmes ». Et une majorité des festivals contactés se basent sur les même critères. Certains vont jusqu’à considérer un artiste masculin et sa choriste comme faisant partie de la catégorie « femmes », même si seul le nom du chanteur principal figure sur l’affiche.

Un festival qui présenterait une programmation paritaire en choisissant cette méthodologie n’aurait donc probablement pas autant d’hommes que de femmes sur scène.

Mutek est le seul festival de musique québécois à s’être engagé sous la bannière Keychange à atteindre la parité 50-50 d’ici 2022. « Les programmateurs vont passer par toutes sortes de détours pour affirmer qu’ils ont atteint la parité, ou qu’ils s’en approchent. Mais on en est loin », affirme l’actrice Brigitte Poupart, ambassadrice du projet à Montréal pour Mutek.

Même en utilisant la méthode Keychange, seuls le Festival des montgolfières de Gatineau et POP Montréal ont réussi à franchir la barre de la parité en 2017, avec respectivement 54 % et 52 % de femmes.

En 2018, le nombre augmente à cinq festivals. Le Festival de la chanson de Granby, le Festival de musique actuelle de Victoriaville et Montréal en lumière ont programmé 55 % de femmes et groupes mixtes, tandis que POP Montréal (51 %) et Mutek (50 %) les suivent de près.

En 2019, tous les festivals sont retombés sous la barre de 50 %, sauf POP Montréal, qui a atteint son plus haut résultat des trois années étudiées, soit 59 %.

Les festivals avaient en 2017 une moyenne de 34 % de femmes et groupes mixtes. Elle a augmenté à 37 % en 2018, puis est restée constante en 2019.

Article plus complet de Laurianne Croteau sur le site de Radio Canada : https://ici.radio-canada.ca/info/2019/08/festivals-musique-femmes-programmation-artistes-quebec-osheaga/



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