LE JAZZ LONDONIEN EST-IL EN TRAIN DE DEVENIR LA NOUVELLE DANCE MUSIC ?

Fini les ambiances feutrées et les fauteuils molletonnés. 
À Londres, le jazz s’écoute désormais debout et en dansant. Un retour aux sources salvateur ?

Si la capitale anglaise a forgé sa réputation grâce au rock puis aux musiques électroniques, la ville a cependant su accueillir les artistes jazz, locaux ou venus d’outre-Atlantique. Aujourd’hui encore, certaines des meilleures salles de concert sont des boîtes de jazz, comme le Jazz Café, à Camden, dont la programmation fait la part belle au hip-hop et aux musiques électroniques, ou Ronnie Scott, ouvert depuis 1959. À The Haggerston, discret repaire des cool cats du quartier de Dalston, The Alan Weekes Quartet donne des sessions jazz tous les dimanches depuis vingt-cinq ans. Un record de longévité.

Pourtant, au fil de l’institutionnalisation du genre, le jazz est devenu une étiquette parfois lourde à porter pour les jeunes musiciens. Vu comme trop poussiéreux ou trop intellectuel, le genre s’est trop souvent coupé du contexte qui l’a vu naître au début du XXe siècle : celui de la fête, de la danse et surtout de la jeunesse. Au point d’être devenue une musique pantouflarde, jouée devant un public assis, pour la plupart blanc et âgé. Il y a quelques mois, le saxophoniste américain Kamasi Washington déplorait ainsi « le rituel social ennuyeux lié au jazz en costard » tout en maudissant les clubs de jazz classiques où le public assis « sirote du bon vin en mangeant du saumon. » Pour les mêmes raisons, le pianiste anglais Kamaal Williams – considéré par beaucoup comme l’un des porte-parole de ce renouveau made in UK – ose à peine parler de jazz pour décrire son travail : « J’ai du mal à considérer ce que je fais comme du jazz. J’associe trop ce terme à quelque chose de pas forcément très cool, à un genre musical pour des nerds en sueur toujours en train de fixer le manche du guitariste pendant les concerts. »

Le vent tourne, en particulier à Londres où le melting-pot se fait autant dans les rues de la ville que dans sa culture. Une nouvelle génération de jazzmen anglais touche le grand public grâce à une musique plus physique et dansante aux influences revendiquées de la culture club et sound-system. « J’ai grandi avec la drum’n’bass, les raves et la culture club. Tout ce que je voulais, c’était être DJ », explique le flûtiste et saxophoniste autodidacte Edward Cawthorne, plus connu sous le nom de Tenderlonious, qui a commencé sa carrière au début des années 2000 comme beatmaker grime avant de se tourner vers le jazz avec ses formations Ruby Rushton et 22archestra.

A voir les salles qui ne désemplissent pas, il semblerait bien que ce jazz à bras-le-corps ait déjà bon nombre d’aficionados. « Il y a une explosion de popularité chez les très jeunes, les 18-19 ans sont plus nombreux que le public plus âgé. C’est un grand changement », relate Justin McKenzie, fondateur de Jazz re:freshed, qui organise à Londres des soirées hebdomadaires depuis seize ans. Il explique en partie ce succès par les nouvelles interactions entre artistes et publics rendues possibles par les réseaux sociaux, ainsi que par les prix bas pratiqués par les organisateurs pour attirer un public étranger au genre. « Pour nous, c’est juste une continuation, mais pour le monde extérieur, le jazz à Londres est devenu cool.

Suite de l’article de Traxmag : http://fr.traxmag.com/article/53225-le-jazz-londonien-est-il-en-train-de-devenir-la-nouvelle-dance-music



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