France – MUSIQUE FESTIVALS : UN MODÈLE FRAGILISÉ (Libération)

La fréquentation globalement à la hausse des festivals de l’été cache un problème économique de taille : la plupart des événements doivent atteindre un taux de remplissage de plus de 90 % pour rester rentables. Entre des cachets devenus mirobolants et les ventes tardives de billets, l’équation est de plus en plus difficile à résoudre.

Au-delà de la problématique des cachets, l’attitude des pouvoirs publics s’avérera-t-elle aussi déterminante dans un avenir proche. Les festivals les plus subventionnés vivent dans la hantise de la réduction, voire de l’annulation, de ces aides, mais, aidés ou pas, tous sont aussi concernés par la question de la sécurité. Depuis les attentats de 2015, ce poste budgétaire pèse de plus en plus lourd sur les finances des événements. Le système d’aide mis en place par l’Etat arrivant à terme, les festivals sont, à l’heure actuelle, dans l’incertitude de ce côté-là. «Je ne sais pas si nous aurons droit à un nouveau soutien de l’Etat mais nous n’avons pas le choix. Nous devons engager ces dépenses !», explique Jérôme Tréhorel des Vieilles Charrues.

Moins de 4% des 7 millions d’euros du budget de We Love Green sont couverts par le financement public. «Nous faisons partie de la dernière génération de festivals et avons donc peu de financement public», commente Marie Sabot, la fondatrice, qui envisage d’ajouter une troisième soirée à We Love Green en 2020. «Le ministère de la Culture nous a suivis puis ils ont arrêté. La région Ile-de-France est notre plus gros partenaire public. Elle nous apporte 100 000 euros [chiffre à rapprocher des 380 000 euros qu’elle alloue à Rock en Seine, ndlr] En attendant, en dépit d’un score de fréquentation historique, We Love Green n’a pas encore atteint son point mort. «Pour nous, le break [seuil de rentabilité] s’est joué à pas grand-chose cette année, quelques milliers de spectateurs, explique Marie Sabot. En France, on a parfois l’impression que la politique culturelle n’a pas évolué depuis vingt ans. Il n’y a pas de lignes budgétaires pour les nouveaux festivals alors qu’est apparue toute une génération d’événements récents super-pertinents comme le Macki, Château perché ou Pete the Monkey. Comme le ministère de la Culture ne s’intéresse pas du tout aux musiques actuelles, au Prodiss (3), nous nous sommes même demandé si nous n’aurions pas intérêt à ce que le ministère de l’Economie devienne notre ministère de tutelle !»

En attendant une hypothétique inflexion de politique, les festivals vont monter à l’assaut de la Sacem pour tenter de renégocier le montant des taxes qu’ils lui versent. On les comprend : alors qu’en Angleterre, la PRS, l’équivalent britannique de la Sacem, ne taxe les festivals que sur 2,7% de leur billetterie, la Sacem prélève 8,8% du prix des billets et 4,4% des recettes annexes (bar, etc.). Effectivement, il y a de la marge.

Article de Olivier Richard dans Liberation : https://next.liberation.fr/musique/2019/09/27/festivals-un-modele-fragilise_1754070?fbclid=IwAR3aepkDD-WC6IqJs_sPLKldviHj80B30KvUrRQ82yCksQrJUU0FhhdEGhg



Catégories :Infos générales, Politique publique, Spectacle vivant

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