«On n’est pas formés à prendre soin de notre corps quand on est musicien»

«En arrivant il y a trois ans à Paris dans une école supérieure de musique, j’ai ressenti une pression beaucoup plus forte. Mon corps a pris cher, entre les tendinites et les tensions. Mon rapport à l’instrument est devenu beaucoup plus conflictuel. On effectue des gestes très répétitifs, dans des positions pas forcément naturelles. On n’est pas formés à prendre soin de notre corps quand on est musicien.» Alors qu’elle n’est qu’en début de parcours, Christelle, étudiante flûtiste de 21 ans au Conservatoire de Paris, résume la situation. Selon une étude, les troubles musculo-squelettiques touchent 70% des élèves en musique classique (contre 40% pour les musiques actuelles).

Les mêmes gestes, répétés à l’infini au cours des exercices et des concerts, provoquent toutes sortes d’affections. La liste est longue. «Chez les instrumentistes à vent, on peut trouver des problèmes cardiaques dus à l’instrument, liés à une pression pulmonaire importante. On trouve aussi des cas de hernies de la paroi du pharynx chez les joueurs de hautbois», détaille le docteur Jean-François Arcier. Spécialiste des questions de santé des musiciens, il a fondé l’association Médecine des arts (MDA) et la Clinique du musicien (CMPM).

Ce dont témoigne également Hélène, flûtiste soliste depuis quatre ans à au Philarmonique de Brême. «J’ai eu une inflammation de l’épaule en avril dernier parce que j’avais trop de travail. C’était une période d’entraînement plus intense.» Et pourtant, «on ne parle pas beaucoup de ces problèmes-là. Un musicien, ça doit toujours fonctionner, poursuit-elle. Quand tu dis à tes collègues que tu te mets en arrêt maladie, ils ont tout de suite très peur pour toi. Ils se disent que t’es peut-être foutue».

Sans oublier que l’organe le plus sollicité, l’oreille, est toujours en danger: «Beaucoup de gens dans l’orchestre ont des acouphènes. Un collègue est parti deux ans à cause de ce trouble. Ces blessures de l’ouïe absolument terribles peuvent se transformer en burn-out.»

Les autres thèmes abordés : Les succès d’estime ne suffisent pas, «Ce qui fait vivre les musiciens, ce sont les tournées, et leur cadence a augmenté.», Être artiste, c’est entreprendre, «Le mythe des 27 ans est vrai», «Un musicien qui craque en milieu de tournée, ça coûte très cher», ….

Suite de l’article de SLATE ( Tom Umbdenstock ) : http://www.slate.fr/story/182148/corps-musicien-instrument-souffrance-malade-tendinite-acouphenes-burnout



Catégories :Infos générales, Spectacle vivant

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