Au Venezuela, la musique étouffée par la crise

Par Benjamin Delille pour Auxsons.com

Le Venezuela, terre de salsa et de rythmes afro descendants, reste un pays où la musique est reine. Mais la crise économique, politique et sociale que traverse le pays a mis un sérieux coup de frein à la production et à la création musicale qui était autrefois l’une des plus en vue des Caraïbes.

Si l’on veut danser la salsa, il reste quelques lieux de choix à Caracas qui restent ouverts contre vents et marées. Quelques bars et de rares clubs proposent encore des concerts qui durent jusqu’au bout de la nuit. Pour les artistes en revanche, ce n’est plus suffisant pour vivre. « Avant on se produisait cinq fois par semaine, et on vivait de ça, se souvient Aquiles Baez, un grand nom des rythmes jazz et latinos au Venezuela. Aujourd’hui, quand tu vois un groupe dans un bar, c’est bénévole, ou presque. »

Non seulement le nombre de bars qui proposent des concerts a chuté en quelques années, mais les derniers qui continuent de le faire sont des repères de passionnés, sans un sous à offrir à leurs musiciens sinon quelques « Cuba libre » pour faire passer la pilule. « Ceux qui acceptent de jouer comme ça, gratuitement, c’est surtout parce qu’ils sont avec leurs potes, qu’ils ne veulent pas perdre la main et faire un peu de scène », précise Cheo Linajes, un compositeur de musiques typiquement vénézuéliennes comme le merengue caraqueño.

Difficile de gagner sa vie

Comment vivre alors en tant qu’artiste au Venezuela ? « Tout le monde ou presque a un boulot à côté, précise Cheo Linajes qui gère un petit commerce. Rares sont ceux qui ne vivent que de ça. » Et encore, ceux-là ne gagnent généralement pas leur argent au Venezuela. « Je vis grâce aux concerts que je fais parfois à l’étranger », explique Aquiles Baez qui dit n’avoir pas touché un centime dans son pays depuis plus d’un an.

L’autre défi du musicien au Venezuela aujourd’hui : naviguer dans les eaux mouvementées de la polarisation politique. « Il y a trois types d’artistes aujourd’hui, résume Alfredo Naranjo. Ceux qui soutiennent le gouvernement, ceux qui soutiennent l’opposition, et ceux que font de la musique pour la musique. » À l’entendre, les deux premiers se retrouvent souvent, malgré eux, condamnés à faire la propagande de l’un ou l’autre camp.

Suite de l’article en suivant ce lien : https://www.auxsons.com/focus/au-venezuela-la-musique-etouffee-par-la-crise/



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