Maroc- Bilan : SIXIÈME ÉDITION DE VISA FOR MUSIC

Quatre jours durant, la ville de Rabat a vibré au rythme des musiques actuelles et musiques du monde ; quatre jours durant, la fête battait son plein, à l’occasion de la sixième édition du Visa For Music (VFM), un salon et un festival qui réunit les professionnels de la musique au sens large (artistes, producteurs, diffuseurs, éditeurs, distributeurs, festivals, directeurs artistiques, labels et majors, sociétés d’auteurs, fondations, médias…), et qui s’est tenue du 20 au 23 novembre. Le VFM est, donc, un rassemblement d’acteurs/opérateurs du monde de la musique, qui, en peu de temps, a réussi à s’imposer, devenant ainsi un important voire incontournable rendez-vous dans la région, et favorisant la mise en réseau. Outre les stands d’expositions et les rencontres (comme les speed-meeting), la programmation du VFM se construit autour de showcases, d’ateliers, mais aussi de conférences, qui permettent de réfléchir sur la musique, de poser les problématiques liés à la mobilité des musiciens, à l’intégration des jeunes et des territoires également par la musique, ou encore des questions liées au vivre-ensemble et aux échanges Sud-Sud. Cette année, une bonne quarantaine d’artistes (retenus sur 800 candidatures par un jury de professionnels) se sont produits sur les différentes scènes du VFM (Théâtre Mohammed V, Club et Salle Renaissance, Palais Tazi), dans le cadre des showcases. La nouveauté de cette édition, à rappeler et à saluer car difficile à réaliser, se situe dans le respect de la parité homme femme. L’autre choix du VFM est la soirée d’ouverture qui a été à 100% féminine.

Intégrer les jeunes et repenser le territoire par la culture

Outre la programmation musicale qui se taille la part du lion dans Visa For Music, des formations et des conférences sont organisées chaque année et ce, pour le partage d’expériences, de récits de vie et parcours et surtout pour démontrer que toutes les difficultés (mobilité, financement, lieux de diffusion…) se surmontent, lorsque la passion et la vocation ne font pas défaut. Trois ateliers et formations ont eu lieu cette année : il s’agit de « Les coulisses de la régie », « Coaching scénique » et « Management culturel ». Quant aux conférences et tables rondes, elles étaient au nombre de huit. Et parmi celles-ci, la rencontre portant sur « Le rôle des universités et institutions de formation dans le domaine culturel ». Lieu de diffusion de la culture sous d’autres cieux – comme raconté par un universitaire suisse qui travaille dans un département où s’enseigne la musique traditionnelle –, la culture  n’est pas très présente à l’université ; elle dépend souvent de la bonne volonté d’enseignants et responsables qui s’engagent pour la faire vivre et la partager avec leurs étudiants. L’universitaire marocain, Hassan Ben Halima est revenu sur son expérience à l’université d’Agadir, et les différents ateliers (surtout pour le théâtre) et même un festival qu’il a mis en place, de 1989 à 2009 lorsqu’il était à sa tête, pour « associer la culture à l’éducation ». Pointant le manque de vision, il a, plus généralement, a estimé que « dans le système éducatif la culture et les arts restent les parents pauvres et il en est de même pour les budgets alloués à la culture. Pourtant, la culture représente un levier de développement car elle catalyse le développement d’un pays, d’une nation et d’un territoire dans tous les domaines : économique, social, environnemental, éducatif…elle génère une certaine attractivité au territoire ». Et de citer les cas d’Essaouira, de Chefchaouen  et de Tiznit, des villes dynamisées par la culture, n’ayant pas à la base « d’activités génératrices de grandes ressources ». Pour M. Ben Halima, la culture est considérée aujourd’hui comme « un enjeu politique crucial », ainsi, il est « plus que nécessaire d’éduquer à la culture et de promouvoir l’éducation numérique car la culture n’est plus un besoin mais un droit comme l’air et l’eau. Aujourd’hui on peut parler de l’urgence culturelle comme de l’urgence climatique pour lutter contre les servitudes meurtrières et contre les vulnérabilités »

Suite de l’article bilan réalisé par Sara Kharfi pour Tazzuri : https://tazzuri.net/maroc-sixieme-edition-de-visa-for-music/



Catégories :Infos générales, Spectacle vivant

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