Infos générales

Vu de France : LA MUSIQUE JEUNE PUBLIC À LA CROISÉE DES CHEMINS

Qu’elle soit diffusée sous forme de disque, d’écoute streaming ou de livre audio, la musique pour enfants est de plus en plus riche en productions de qualité. Mais elle souffre paradoxalement d’un manque de reconnaissance.

Pour une foule de créateurs du secteur, en effet, pas question de confondre musique pour enfants et musique au rabais. La productrice Patricia Johnston, qui en 2015 a aidé Harmonia Mundi à mettre en place un label à destination du jeune public, Little Village, le confirme : « Il y a de nombreuses productions sans intérêt qui sortent parce que le marché des enfants est considéré comme « facile ». Mais ce n’est pas parce que les enfants sont jeunes qu’ils ne sont pas clairvoyants. Ils sont capables d’apprécier des formes de musique de très haute qualité, du classique, des musiques du monde, si elles sont bien faites. »

Riche d’une production abondante et diversifiée, le secteur jeune public souffre pourtant d’un manque de reconnaissance et de légitimité. Une expression revient souvent parmi les acteurs interrogés : il serait le « parent pauvre » de l’industrie musicale. Dans les médias, à part quelques rares espaces dans la presse papier, la visibilité de ces projets est quasi inexistante. Mathilde Davignon, du label Victorie Music, le confirme : « On vit hors médias. On n’est pas traités sur un pied d’égalité avec les productions « adultes ». Même quand certaines remises de prix font une place aux artistes jeune public, le temps de scène est moindre. » Il n’y a pas de Victoire de la Musique pour la jeunesse, mais la Sacem a créé en 2017 un Grand Prix du répertoire jeune public (Aldebert, Pascal Parisot et Alain Schneider l’ont chacun reçu). Pour Tania Le Saché, directrice d’ARB Music, « économiquement, l’enfant n’existe qu’à Noël. Le reste de l’année, on n’en parle pas. »

Avec l’essor du streaming, le secteur du disque jeunesse est par ailleurs confronté aux mêmes difficultés que le reste de l’industrie musicale, avec cette complication qu’il faut d’abord plaire aux parents avant de toucher le cœur de cible, les enfants. « On est dans quelque chose d’assez flou au niveau des supports, explique Mathilde Davignon. Le CD se vend beaucoup moins, mais il n’a pas tout à fait disparu. On est à la croisée des chemins. » Pour les artistes eux-mêmes, pas facile de vivre uniquement de leurs projets. Marie-Emmanuelle Remires, co-auteure de plusieurs ouvrages musicaux dont Cocorico ! Balade d’un griot avec Mory Kanté et Reda Kateb, le déplore : « Depuis une dizaine d’années, ça devient plus difficile, on sent qu’il y a un frein ». Côté spectacles live, la donne semble avoir changé, elle aussi : en cause, le faible soutien des pouvoirs publics à la création, comme l’a pointé une étude de mars 2019 menée par l’association Scènes d’enfance – ASSITEJ France. À n’en pas douter, l’avenir passera d’abord par un changement d’image, pour que la musique jeune public soit enfin estimée à sa juste valeur, loin des clichés.

Article plus complet de Pierre Ancery a retrouver sur le site de Tous pour la Musique : https://www.tplmusique.org/la-musique-jeune-public-a-la-croisee-des-chemins/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s