Infos générales

France : À QUOI SERVENT ENCORE LES RADIOS MUSICALES TRADITIONNELLES?

Il y a quinze ans, les choses étaient simples : un tube était matraqué en radio, et les ventes de CD suivaient. Enfin, le plus souvent. Mais les années 2010, qui (au cas où vous ne l’auriez pas remarqué) s’achèvent, auront vu ce schéma bien confortablement installé être complètement chamboulé. Le principal responsable : les plateformes de streaming. A l’heure de leur montée en puissance, que reste-t-il de l’impact de France Inter, Générations ou NRJ sur le paysage musical français ? En grand fans de Bernard de la Villardière, nous avons enquêté. (Source SOURDOREILLE)

Il faut faire très attention. Si cartonner sur les plateformes augmente grandement les chances de passer dix fois par jour sur Skyrock, cela ne fait pas tout. Un attaché de presse, préférant garder l’anonymat, nous explique les pièges à éviter à tout prix : « Je travaille beaucoup sur l’identification d’un artiste : avant d’être joué sur NRJ, il faut qu’il ait des résultats streams, oui, mais aussi une identification forte auprès d’un public. Et on ne parle plus de musique. On ne parle que de développement de marque, de positionnement, de créer des contenus avec des artistes, de concerts privés… » Et cela passe, parfois, par le canal des radios régionales, très écoutée, et très axées sur le local. « Une artiste comme Angèle, si elle n’a pas le soutien des radios de province, elle n’en serait pas là. Elle serait à 300 000, là elle est quasiment à 600 000. Elle est identifiée par un public qu’elle ne pourrait pas toucher via la presse, via le web, ou via les radios généralistes. Pour rentrer dans le quotidien des gens, il faut être martelé en région. Ensuite, les auditeurs iront à Carrefour ou à Auchan acheter le disque. Soprano, Jennifer, Matt Pokora… Ils mettent le paquet là-dessus, jouent le local à fond. Quand tu vois que même Maître Gims peut aller chanter dans un Carrefour à Nantes sur un pauvre podium… Ils savent que c’est leur job, et c’est une stratégie qui paie. »

La recette miracle n’existe pas

Cette force conservée par les radios régionales a d’ailleurs un effet inattendu, qui concerne ce que l’on appelle les pluggers : des personnes qui se sont fait une spécialité de pouvoir user de leur réseau auprès des programmateurs pour faire rentrer des artistes en playlists. Ça existe depuis longtemps, et ça n’est pas un métier en voie de disparition, même à l’heure des top streams prescripteurs. « Vu l’argent que continuent de générer les radios en droits Sacem et l’impact qu’elles peuvent avoir pour un développement de carrière, les sommes touchées par les pluggers sont énormes, continue notre source. Là où je vais être payé disons 3000 euros sur trois mois pour faire de la presse, les pluggers vont toucher 3000 euros par mois. Leur métier reste primordial pour les artistes, ça montre que les radios aussi. »

Et puis, vouloir à tout prix passer sur NRJ peut vite se transformer en piège pour la simple et bonne raison que lorsqu’un artiste rentre dans leur playlist, il devient un artiste NRJ. C’est une étiquette qui colle à la peau, et pour faire le chemin inverse, pour l’enlever, bon courage. Très peu de noms parviennent à faire le grand écart entre les grosse musicales et, par exemple, France Inter. Angèle, Roméo Elvis, Bigflo et Oli… Mais ce sont des exceptions. Si l’artiste ou le label négligent le développement de l’image et foncent à toute berzingue sur les top streams à grand renfort de fermes à clics et d’achats d’audience, il sera vraisemblablement playlisté, certes, mais il risque de sortir très rapidement des rotations parce que le public ne le visualise pas, ne s’y attache pas. Résultat, certaines agences de promotion préfèrent attendre un peu avant de tenter de passer sur Fun Radio, et travaillent donc l’image en amont. La recette miracle n’existe pas.

D’autres éléments dans l’article de Sourdoreille : http://sourdoreille.net/a-quoi-servent-encore-les-radios-musicales-traditionnelles/

Catégories :Infos générales, Médias

1 réponse »

  1. Très bel article. Dans le cadre du Cameroun, les plateformes de streaming locales n’ont pas encore un très grand impact ( même comme ça commence à changer petit à petit) Cela fait que ceux sont les radios musicales traditionnelles qui poussent un Artiste. Elles ont encore un très très grand impacte dans la consommation musicale Camerounaise.

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s