Infos générales

BILLET D’HUMEUR : De l’uniformisation de la musique en France

Les Victoires de la musique et les programmations de festivals prouvent une chose : il n’y a plus de place pour l’originalité dans l’industrie musicale. C’est dommage.

La scène musicale française est belle. Elle est riche. Elle est diversifiée. Elle est pop, rap, électronique, rock. Mais il suffit d’allumer sa radio, sa télévision, regarder Spotify pour se rendre compte qu’une poignée d’artistes est mise en avant. Les mêmes. Toujours les mêmes. En écoutant la radio, en regardant la télé, on constate qu’une partie de la musique française est mise à disposition. Du coup, il faut corriger la première phrase de cet article. C’est la scène alternative, indé, underground française qui est belle. On y trouve de tout.

Encore faut-il faire l’effort de l’écouter, rechercher quelque chose de différent. Encore faut-il vouloir aller se balader dans les petites salles de concert (quand il en reste), dans les scènes les plus reculées des festivals et ne pas se cantonner aux grosses. Faire preuve de curiosité. Encore faut-il que les canaux de diffusions fassent aussi l’effort de proposer autre chose que du « prêt-à-consommer ».

Les Victoires de la musique disaient vouloir innover pour sa cérémonie 2020. Lundi 13 janvier, l’institution a diffusé la liste des nommés. Elle est évidemment sans surprise. Angèle, Philippe Katerine et Alain Souchon culminent au top des nominations avec trois chacun. Deux pour Lomepal et Clara Luciani. Hoshi, Pomme, Malik Djoudi, Aloïse Sauvage figurent dans les catégories révélations… Sauf que ces révélations ne sont pas vraiment des révélations, la plupart des albums datent déjà d’il y a deux ans, mais passons.

Cette année, les Victoires veulent que la soirée soit plus musicale. Du coup, elle a supprimé quelques catégories. Fini les catégories « album de chanson », « album rock », « album de musiques urbaines » et « album de musiques du monde ». L’explication ? Rendre la cérémonie plus lisible pour le public, éviter les sources de confusion, d’incompréhension et polémiques. L’émission devait aussi être placée sous « le signe de l’ouverture, de la diversité, de la transparence et de la parité ». Il y a donc les expectations. Et il y a la réalité. Et dans la vraie vie, c’est tout le contraire qui s’est passé.

Les musiques du monde, le rock et l’électro ont complètement disparu. Si la France n’est pas une terre de rock (John Lennon disait vrai, hélas), elle est un vivier de musique électronique… Par ailleurs, les Victoires étaient le seul moment de télévision où les non-initiés pouvaient découvrir des artistes « world ». Du coup, plus de world music, plus de musique électronique, plus de rock… Même si, même si, les Victoires n’ont jamais vraiment réussi à mettre les bons artistes et les bons albums dans les bonnes catégories.

Certes, mettre des étiquettes sur les styles est un exercice de journaleux. Mais, il permet de faire la différence entre les genres, pour montrer justement la diversité, la richesse, les différences musicales. En supprimant ces catégories, on montre qu’on ne sait produire que de la musique pour vendre aux masses. Les mêmes artistes, les mêmes productions, le même style. Tant pis si c’est du réchauffé, tant pis si ce n’est pas original, pourvu que ça marche et que ça vende.

Suite de l’article de Rocknfool : http://rocknfool.net/2020/01/22/de-luniformisation-de-la-musique-en-france/

Catégories :Infos générales, Médias

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s