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TRAFIC D’INSTRUMENTS : Les vols sont en recrudescence mais, grâce au numérique, les musiciens s’organisent pour identifier et retrouver cet outil de travail bien particulier.

Fin 2017, à une époque où il expérimente avec des objets du quotidien couplés à des machines électroniques, le musicien Jacques poste sur Facebook un message expliquant que tout son matériel a été cambriolé dans son studio, le jour de ses 26 ans : «Un peu comme si quelqu’un était parti en tournée avec mon matos sans moi et ne reviendra jamais. 2 MacBook Pro, une carte son à 3 000 boules, tous les contrôleurs midi, le H5, le micro DPA 4060, tous mes objets, mes micros contacts, le caméscope, full câbles, la guitare que M m’a offerte, le sac Northface trop technique, enfin bon, à peu près tout ce qu’on peut voir sur scène quand je fais un concert, excepté moi et la scène.»

Un choc tel qu’il annonce que cette «amputation matérielle soudaine vient marquer la fin d’un super chapitre de [sa] vie». La mésaventure de Jacques est partagée par de nombreux musiciens qui expriment le même préjudice émotionnel. Outre son prix parfois élevé, un instrument possède souvent une valeur sentimentale encore plus importante. Et, à chaque vol déclaré, c’est la même rengaine : les réseaux sociaux se mobilisent comme des marabouts pour le retour de l’être aimé.

Une base de données en ligne

«Les musiciens parlent de leur instrument comme d’un organe, un prolongement de leur corps, voire comme d’un enfant. Ils sont détruits quand on le leur vole», illustre Cyrille Gerstenhaber. Soprano spécialiste du baroque et propriétaire d’une viole de gambe, elle développe depuis 2015 le réseau Anipo, qui couvre 44 pays et dont le site web est doublé d’une application pour mobile. Son mantra : «Quand un instrument sera identifiable partout, il ne sera plus volé nulle part.» Le principe : le musicien ou le luthier inscrit son instrument en renseignant son histoire, son numéro de série et en ajoutant ses photos. En cas de vol, le réseau est immédiatement alerté. S’agissant des instruments à cordes, dont le bois possède des veines aussi uniques que des empreintes digitales, un scan facilite aussi leur identification.

«C’est un outil qui peut faire baisser le trafic mondial de 50 % à 70 % en dix ans», ambitionne Cyrille Gerstenhaber. 

Aucune statistique ne porte sur les vols d’instruments mais, selon plusieurs assureurs, leur nombre augmente fortement. Courtière d’ABG Assurances, spécialiste de ce marché dominé en France par Verspieren, Musicassur, Adagio et Bayvet Basset, Cécile Hugon-Verlinde abonde : «Nous avons commencé notre activité en 1997 et nous n’avons déploré aucun vol en dix ans. Aujourd’hui, nous en comptons au minimum cinq chaque année et tout le monde constate une hausse de la fréquence.» Parfois avec de lourdes conséquences. Elle cite le remboursement d’un violon estimé 30 000 euros qui, volé à l’arraché à un arrêt de bus, était assuré au taux de 0,8 %, soit 240 euros de cotisation annuelle. Les taux sont calculés au cas par cas quand l’instrument – notamment les violons italiens du XIIIe siècle – dépasse le million d’euros.

L’article plus complet de Liberation est accessible en suivant ce lien : https://next.liberation.fr/musique/2020/01/17/trafic-d-instruments_1773671

Le site d’ANIPO : https://www.anipo.org/fr/home

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