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France – À la tête du Centre national de la Musique, Jean-Philippe Thiellay : « Il faudra des moyens supplémentaires de la part des pouvoirs publics pour que la musique redémarre »

Entretien : À la tête du Centre national de la Musique, Jean-Philippe Thiellay souligne la nécessité d’aider un secteur où abondent les petites structures fragiles mais garantes de la diversité culturelle en France.

  • Recueilli par Emmanuelle Giuliani, pour le journal LA CROIX, article complet accessible ici : https://bit.ly/2WNmvNA

La crise met aussi en lumière la profonde intrication de tous les acteurs de la chaîne de l’industrie musicale : éditeurs, créateurs, interprètes, producteurs, diffuseurs… mais aussi labels discographiques et plateformes de streaming dont les contenus se nourrissent de la production des artistes. Pour cette industrie, il y aura un avant et un après. Et cet après, le CNM se doit de le construire avec les professionnels.

À combien estimez-vous le coût économique pour le secteur musical ?

J.-P. T. : Si l’on admet l’hypothèse de la fin du confinement en mai, nous évaluons la perte à 1 milliard d’euros pour la filière musicale, en incluant les conséquences pour les spectacles qui, certes, reprendront une fois l’épidémie vaincue mais dans des conditions très difficiles. Les spectateurs inquiets seront-ils prêts à retrouver le chemin des salles et des festivals ? Leur pouvoir d’achat le leur permettra-t-il ? Il est encore très difficile de faire des prévisions mais ce dont je suis sûr, c’est qu’il faudra des moyens supplémentaires de la part des pouvoirs publics pour que la musique redémarre.

Vous parliez d’un après, comment le voyez-vous ?

J.-P. T. : Je dirais d’abord que ce qu’il faut éviter c’est une recomposition de la chaîne musicale où, n’ayant pu survivre, les acteurs les moins solides abandonneraient la partie ou seraient absorbés par de plus puissants, au risque d’une standardisation. C’est la diversité, la liberté de l’offre musicale qui sont en jeu comme, j’insiste, le maillage culturel sur le territoire français.

La musique est sans doute l’expression artistique la plus présente et la plus partagée, tous styles confondus. Elle nous accompagne tout au long de notre vie. En temps de crise, elle est aussi facteur de lien, de communauté, de réconfort, et les artistes rivalisent d’ingéniosité pour l’apporter dans les foyers confinés. Ils se saisissent des nouvelles technologies comme Renaud Capuçon qui peut jouer un concerto pour violon dans son salon, accompagné par un orchestre grâce à l’application NomadPlay, et le diffuser via les réseaux sociaux. Le CNM est là pour bâtir une stratégie commune pour le redémarrage. Par le passé et à de multiples reprises, les professionnels de la musique ont su faire preuve d’une force de résilience exceptionnelle. Pour surmonter cette crise sans précédent, ils auront besoin de l’État et du CNM. 

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