COVID-19

France – Tribune : Création musicale en danger – pour un soutien fort de l’Etat aux auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Bruno Lion- Président du CA de la Sacem)

Drame sanitaire et humain, la crise du coronavirus est également un drame économique qui n’épargne pas la musique, bien au contraire. Pour notre filière, contributrice nette au dynamisme et au rayonnement de l’économie française – avec un CA de 10 Mds d’euros, des revenus qui font vivre 250 000 personnes, et des performances à l’export en hausse de 41% depuis 5 ans (1) -, le choc est immédiat et violent. Après la fermeture des écoles de musique et des SMAC (Scènes de Musiques Actuelles), elle est frappée au cœur par la litanie tristement quotidienne des annulations de festivals.

Bien sûr, la musique peut compter sur ses navires amiraux : l’Opéra de Paris, les majors du disque ou du spectacle… et la Sacem ! Mais le secteur, et c’est sa force, demeure avant tout un tissu entrepreneurial aussi riche que fragile, composé d’une foultitude d’acteurs isolés : TPE, micro-entreprises, techniciens, musiciens, managers, attachés de presse… Autant de métiers complémentaires et essentiels, avec autant de statuts distincts. Parmi eux, les auteurs, les compositeurs et les éditeurs de musique s’imposent comme le premier maillon de la création, mais aussi comme le plus fragile. Un maillon méconnu et trop souvent négligé, d’ores et déjà aux premières loges des dégâts causés par la crise.

Aussi divers qu’ils soient, nos créateurs partagent en effet une triste réalité : leur source de revenus s’est tarie brutalement, et pour longtemps. On pense aux compositeurs qui avaient une commande de création pour un centre culturel ou la musique d’un film, comme aux éditeurs qui devaient placer une musique dans une pub télé. A chaque fois, cette activité est au mieux décalée à une date incertaine, voire purement et simplement annulée. C’est un manque à gagner pour tout de suite, mais surtout pour dans six à neuf mois : l’œuvre qui ne pourra pas être diffusée, ne pourra logiquement pas faire l’objet d’une collecte et d’une répartition de droits d’auteurs. Si la crise est déjà là et bien là, le pire reste donc à venir. Pour nous, il commencera en janvier 2021 et s’étalera sur plusieurs mois, voire un an et demi pour les droits en provenance de l’étranger.

Cette « double lame » de perte de revenus se transforme même en « triple peine », en raison de la moins bonne protection des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique, liée aux spécificités de leur statuts. Les auteurs et compositeurs ne sont pas salariés, et se trouvent donc a priori exclus des mesures comme le chômage partiel. Par ailleurs, la temporalité de leurs métiers ne correspond pas aux critères des fonds d’urgence mis en place par le gouvernement : les métiers de la création musicale n’y sont dans la pratique pas éligibles, même si la Sacem et toutes nos organisations professionnelles se battent aujourd’hui pour que cela change.

Les éléments développés par Bruno Lion, Président du Conseil d’Administration de la Sacem, dans, sa Tribune accessible en totalité en suivant ce lien : https://www.linkedin.com/pulse/cr%25C3%25A9ation-musicale-en-danger-pour-un-soutien-fort-de-letat-bruno-lion/

Notre diversité musicale en danger

Une urgence vitale : prendre enfin en compte les enjeux et besoins spécifiques des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique

Un crash-test décisif pour le CNM… et pour l’Etat.

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