COVID-19

Covid-19 – Le secteur artistique : une victime discrète en Afrique

Extrait d’un article détaillé de Awale Friki sous la plume d’Eric Azanney, disponible en totalité ici : https://bit.ly/2ynewg7

Même si certains pays africains se sont limités aux mesures barrières sans instaurer le confinement général, les activités culturelles et artistiques regroupant plusieurs personnes n’ont plus droit de cité. Une réalité qui soumet les artistes et plus largement la chaîne culturelle à un temps mort sans précédent. Au Bénin où à la date du 14 avril, 35 cas sont confirmés dont 18 guéris, le gouvernement a pris comme entre autres mesures: suspension de toutes les manifestations et « tous autres événements non essentiels » à caractère sportif, culturel, religieux, politique et festif.

Le président de la Fédération Nationale de Théâtre (FENAT), Coordonnateur et porte-parole de la plateforme des confédérations d’artistes et d’acteurs culturels du Bénin, Pascal Wanou confie que « toutes les activités artistiques et culturelles sont à l’arrêt, les artistes, pour ainsi dire, sont au chômage puisqu’ils ne peuvent prester ni au Bénin ni à l’extérieur dont les frontières sont fermées. La situation est donc très critique dans le rang des artistes et de leurs familles. Voilà l’état des lieux au Bénin. Les artistes n’ont pas de revenus mensuels et souffrent de la faim tout simplement ».

Dak’Art, la Biennale de Dakar dont la 14e édition devait se tenir du 28 mai au 28 juin est reportée à une date ultérieure. Le Marché des Musiques d’Afrique « Le Kolatier» prévu du 3 au 6 juin va devoir subir le même sort. Son fondateur et Directeur s’en rend à l’évidence, bien navré. « Le Kolatier ne pourra pas se tenir en juin dans ces conditions. Pour nous c’est assez douloureux »

Les artistes ne sont pas pour autant enfermés dans une cessation absolue de travail face à cette crise. Certains s’adaptent et sont ingénieux. Mieux, avec spontanéité, ils se sont investis dès les premières heures de la riposte contre le covid-19 dans des campagnes de sensibilisation des populations. C’est ce que précise Dr Hamadou Mandé, Enseignant-chercheur à l’Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou au département Art Gestion et Administration Culturelle, Président du centre Burkinabè de l’Institut international de théâtre et Vice-Président mondial du conseil exécutif de cette organisation. Il souligne : « on remarque que les artistes ont cette ingéniosité et cette capacité de résilience qui leur ont fait trouver la ressource pour continuer à mener des activités. Par exemple, au Burkina-Faso, un festival comme le festival de patrimoine immatériel porté par Moise Bamba s’est fait à travers les réseaux sociaux. Et nous avons vu qu’il y a beaucoup d’artistes qui ont continué à développer des activités artistiques avec justement diffusion en ligne. Il y a aussi beaucoup d’artistes dans tous les domaines des arts qui se sont engagés spontanément dans la production d’éléments participant à la riposte contre la crise du Covid-19. Donc on peut dire que l’activité artistique n’a pas été totalement à l’arrêt même si l’activité normale telle qu’elle devrait être déroulée dans des espaces physiques ouverts a été totalement stoppée ».

La nécessité de mesures d’accompagnement

Si dans certains pays, des mesures ont été prises pour accompagner les populations en général, donc tous les secteurs d’activité dont les artistes comme c’est le cas au Sénégal, d’autres pays ont pris des mesures spécifiques à l’endroit de la culture. Achref Chargui confirme que « le ministère des affaires culturelles face à cette crise mondiale a reçu la somme de 1.500.000 Dt (Dinars tunisiens, ndlr) environ 480.000 Euros à travers le programme Tfannen mis en œuvre par le réseau EUNIC, « fonds relance culture’’, cela a été annoncé le 6 avril 2020 sur la page officielle du ministère et juste après il reçoit d’aides supplémentaires venant de quelques associations et de sociétés privés ; un événement en ligne est lancé le 08 avril par le ministère des affaires culturelles en Tunisie sous forme de compétitions de la production d’un conte numérique dédié au jeunes confinés. Le 12 avril, L’État a aussi proposé une aide financière aux artistes confinés qui ne possèdent pas de salaires fixes.».

Au Burkina-Faso, « il y a une promesse d’accompagnement qui a été faite par le gouvernement à travers le ministère en charge de la culture et du tourisme qui porte sur 1 milliard 25 millions de Franc CFA mais à ce jour, nous ignorons encore comment cela sera opérationnalisé, une commission s’y penche », informe Dr Hamadou Mandé.

Mais dans d’autres pays encore (et ils sont les plus nombreux), aucune mesure n’est prise. C’est le cas par exemple du Cameroun. « Le gouvernement est plutôt occupé à élaborer et suivre le plan de riposte contre la propagation du Covid–19. Nous n’avons pas encore échos de l’accompagnement de la population pour sa survie alimentaire. Pour dire qu’aucun secteur n’est pris en charge sur le plan économique ou de sa survie après la crise. En ce qui concerne donc le secteur culturel, je vous laisse deviner », déclare Luc Yatchokeu.

Pascal Wanou informe que « Malheureusement au Bénin, l’État n’a pas mis en place un tel dispositif, du moins pour le moment. ». Il émet par ailleurs quelque incertitude sur la faisabilité de cette action même si le gouvernement le décidait, car pour lui, il y a un travail de structuration à faire en amont au sein du secteur au Bénin. En revanche, il évoque un avantage du Bénin qui pourrait être exploité . «  Il existe un fonds dédié aux arts et à la culture. Il serait plutôt, de mon point de vue, plus indiqué que l’État renforce ce fonds en relevant le niveau de la subvention qui lui est accordée, afin de lui permettre d’impacter d’avantage de travailleurs artistiques. » Cela va sans dire qu’il faudrait, au regard de l’efficacité remarquable du dispositif de lutte contre la propagation du virus dans notre pays, alléger quelque peu la mesure de suspension des activités à caractère culturel. On pourrait, par exemple, autoriser les activités n’impliquant pas plus d’une trentaine d’artistes et qui ne se déroulent pas devant un grand public, tels les ateliers, les master class, les enregistrements studios, même des spectacles petit public. ». Il souhaite par ailleurs que l’autorité étatique octroie aux artistes ayant fait spontanément des productions de sensibilisation, des ressources pour ne serait-ce que amortir les dépenses liées à leurs productions.

Extrait d’un article détaillé de Awale Friki sous la plume d’Eric Azanney, disponible en totalité ici : https://bit.ly/2ynewg7

En complément : article du POINT : Afrique

Quand l’industrie de la musique se réinvente

VIDÉO. Concerts en appartement, festivals digitaux, playlists interactives. Depuis le confinement, l’expérience musicale redéfinit ses codes sur le continent.

https://www.lepoint.fr/afrique/quand-l-industrie-de-la-musique-se-reinvente-17-04-2020-2371880_3826.php

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s