Developpement durable

France – Tribune : Pour un monde musical écologique et social

La crise que nous traversons actuellement met en évidence les limites d’un modèle qui, s’il a permis de reconstruire l’Europe après la seconde guerre mondiale, produit depuis une quarantaine d’années un accroissement sans précédent des inégalités et nous conduit à court terme, s’il poursuit sa course effrénée, vers une catastrophe écologique.
​Même si l’air pur, le calme des villes ou le retour des chants d’oiseaux peuvent actuellement nous donner le sentiment que la nature pourrait facilement reprendre ses droits et qu’une baisse rapide de la production des gaz à effet de serre serait à portée de main, il est à craindre qu’au sortir du confinement, l’économie-monde retrouvera son hyperactivité antérieure, et voudra même compenser les pertes causées par les quelques mois de ralentissement.

​Bien entendu, nous ne souhaitons pas un monde à l’arrêt où chacun vivrait replié sur lui-même. La plupart des acteurs de la vie musicale (compositeur∙trice∙s, instrumentistes, chanteur∙se∙s, chef∙fe∙s, solistes, enseignant∙e∙s…) aspirent à reprendre au plus vite leurs activités, autant pour des raisons financières que parce que composer, jouer, diriger, chanter ou enseigner sont constitutifs de leur être et que le partage intrinsèque à la musique vivante leur manque profondément.

​Mais cette reprise ne doit pas être un retour au monde d’avant. Au-delà d’une refondation de notre système de santé et d’une relocalisation des productions essentielles pour notre vie quotidienne, il est indispensable que soient mises en œuvre rapidement, comme le préconise la Convention Citoyenne pour le Climat, des politiques dont les priorités seront la lutte contre le réchauffement climatique, la préservation de la biodiversité et la justice sociale. Dans cette perspective, des mesures doivent être prises, telles que le développement des énergies renouvelables, la réduction d’un productivisme qui épuise les ressources de notre planète et la mise en place de mesures fiscales pour renforcer les services publics et résorber les inégalités. 

​A notre niveau, nous, musicien∙ne∙s et administrateur∙trice∙s de la musique, souhaitons contribuer à un monde plus juste, plus solidaire, plus respectueux de l’environnement, au sein duquel la culture et l’éducation doivent occuper une place essentielle. Il nous paraît ainsi indispensable de réfléchir aux priorités qui seront demain celles de nos métiers, et à ce que la musique peut apporter pour répondre aux grands enjeux écologiques et sociaux en tant que facteur de partage, de lien social et d’épanouissement. Cela passe par des choix et comportements individuels et collectifs qui doivent progressivement amener des changements structurels dans notre secteur avec l’engagement et le soutien des multiples acteurs qui contribuent à la vie musicale.

​En conséquence, nous prenons les engagements suivants :

D’une façon générale :

– diminuer drastiquement les transports les plus émetteurs de gaz à effet de serre (avion, véhicules à moteur thermique), et utiliser l’avion seulement si le projet le justifie pleinement : pas d’alternative réaliste en train, plusieurs concerts sur place, participation locale à des actions d’éducation et de transmission vers des publics éloignés des salles de concert…

– favoriser le développement de projets de proximité impliquant davantage d’échanges sur le long terme et avec différents publics

– sensibiliser les collègues, les élèves, les publics et les institutions et favoriser les échanges autour des thématiques sociales et environnementales
– faire preuve de solidarité avec les plus précaires de nos collègues

Pour les organisations :
– inciter les chef∙fe∙s et solistes à adopter des moyens de transport écoresponsables, en ajoutant le cas échéant une clause financière dans le contrat, et réduire / limiter le nombre d’artistes invités utilisant les transports les plus émetteurs de gaz à effet de serre

– éviter les transports d’instruments et de matériel que l’on peut trouver sur place
– repenser la logistique des répétitions et tournées en privilégiant les fournisseurs les plus éco- responsables (caterings locaux et sans emballages, objets recyclables, hôtellerie HQE…)

– mettre en place une politique de réduction de l’impact environnemental de l’organisation (charte)

– contribuer à plus de justice sociale dans le monde musical, notamment en pesant sur les institutions et les pouvoirs publics

Source :

Cadence Rompue : Musicien∙ne∙s engagé∙e∙s pour le climat : https://www.cadencerompue.fr/

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