COVID-19

Live disrupté : 3 tendances et quelques pistes (Emily Gonneau, fondatrice d’Unicum Music)

Interdit, l’univers du spectacle subit actuellement une commotion sans précédent. Pire, au-delà de l’écroulement de son économie, son rôle de médiation est disruptée par une explosion du livestream d’artistes confinés. Il doit maintenant pouvoir puiser dans toutes ses valeurs authentiques pour accompagner et non subir ce bouleversement.

Sans crier gare, tout a changé pour les artistes et la filière musique toute entière. En près d’un mois de confinement, le livestream est devenu le symbole de ce nouveau paradigme : les lieux sont fermés, le public assigné à résidence et les artistes privés des rendez-vous physiques avec leur public.

Beaucoup de choses brillantes ont déjà été écrites sur le sujet, du changement nécessaire de modèle aux enjeux de la monétisation de cet outil, en passant par un recensement d’initiatives et plateformes déjà existantes ici et , jusqu’à la forme que ce nouvel écosystème pourrait prendre pour combler l’absence de droits actuels.

L’idée ici n’est donc pas de faire de revenir dessus mais plutôt de détailler quelques réflexions naissantes à partir de deux constats récents qui m’interpellent. Avec comme fil conducteur un principe éternel à l’œuvre : volume vs. valeur (on dirait peut-être pas comme ça mais je vous promets que vous allez comprendre).

Je vous invite à lire en détail l’analyse d’Emily Gonneau sur le site de l’IRMA : https://www.irma.asso.fr/Live-disrupte-3-tendances-et

Quelques éléments de cette analyse :

Covid is the new internet : Bien sûr qu’il y a des différences, mais l’impact du Covid sur le spectacle vivant est sensiblement le même que le numérique a eu sur la musique enregistrée.

Un bouleversement complet des usages. La perte de contrôle des producteurs sur ce qu’ils avaient financé. Une expérience dégradée néanmoins gratuitement accessible partout dans le monde en même temps. La fin des frontières géographiques et de temps. Des formats plus courts. La disruption sans précédent d’une industrie bien huilée. Un modèle économique rendu complètement caduque. 

Le point mort s’est déplacé avec le numérique : les coûts sont plus bas, mais le point mort arrive plus tard du fait de la faible valeur de chaque unité. Volume / valeur, donc. Toute la question est de savoir comment doser ses investissements et arbitrer leur timing au regard de sa trésorerie.

C’est un peu la même chose pour le livestream par rapport à un concert. A cela près que le premier ne coûte certes quasiment rien, mais l’absence d’infrastructure à cet écosystème balbutiant ne permet pas d’anticiper le moindre revenu, aussi négligeables soit-il.

Ce qui nous amène à la question sous-jacente de tout cela : dans quelle mesure sera-t-il vraiment possible de créer une économie autour du livestream ? 

« Il faut que tout change pour que rien ne change » : La fascination pour le livestream semble avoir acté dans les esprits la désintermédiation définitive des professionnels du spectacle : mais est-ce si sûr ? La tectonique des plaques du live risque fort de se faire sentir à tous les niveaux et nous oblige à modéliser des cas concrets.

Back to basics : Les principales étapes et composantes d’un spectacle ne vont pas disparaitre car elles sont toujours nécessaires. Seulement, elles appellent une configuration différente, adaptée aux attentes transformées du public. Parlons-en, justement, puisque c’est toute l’expérience du live qui se trouve bouleversée.

Nous voilà dans une impasse : celle de penser que la singularité de l’expérience live ne repose que sur les œuvres jouées en elles-mêmes, d’une part, et le fait qu’elle soit accessible, d’autre part. C’est ignorer la délicate alchimie nécessaire pour que la magie opère, la puissance du sentiment d’appartenance qui se crée par le vécu aux côtés de personnes réunies dans un même lieu autour de la même personne, la fascination pour l’artiste et sa manière de s’incarner sur scène, la conscience aiguë de la part du public d’être les témoins privilégiés d’un moment rare, et l’acceptation de l’éphémère et de la finitude, la force du choix assumé de ce concert plutôt que tous les autres.

Or comment recréer cela en ligne ?

Je vous invite à lire en détail l’analyse d’Emily Gonneau sur le site de l’IRMA : https://www.irma.asso.fr/Live-disrupte-3-tendances-et. (Emily Gonneau, fondatrice d’Unicum Music (label/édition/management), de l’agence nüagency, et du dispositif La Nouvelle Onde, maîtresse de conférences associée à la Sorbonne et autrice aux éditions de l’IRMA du guide « L’artiste, le numérique et la musique ».)

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