COVID-19

Vu de France : « Tu donnes ta vie pour la musique, et d’un seul coup tout est broyé »

Artistes et techniciens confinés, salles et festivals à l’arrêt, livestreams un peu pétés : comment le confinement permet aux acteurs de la musique de repenser l’écosystème dans lequel ils évoluent, le tout dans un flou total quant à la reprise.

C’est bien connu, en temps de crise sanitaire ou environnementale, la culture n’est pas vraiment la priorité des gouvernants, lesquels préfèrent réinjecter de l’argent dans des secteurs industriels plus essentiels à la nation, à l’image d’Air France ou d’autres pollueurs notoires. Le secteur de la musique en particulier se situe un peu entre deux eaux : tout le monde se désole de ne plus pouvoir aller en club ou en concert, certains vont même jusqu’à sortir la citation de Nietzsche erronée la plus tarte à la crème qu’ils puissent trouver, « il n’y a pas de vie sans musique ». Mais tous reconnaissent que ce sont les soignants, les caissiers, les livreurs ou encore les travailleurs sociaux qu’il faut avant tout protéger, plutôt que les Nuits de l’Accordéon de Lunel, ce qui est bien normal.

Car même si on se targuera toujours dans notre pays de vouloir à tout prix « sanctuariser la culture », il n’y a qu’à regarder en Allemagne, où le gouvernement a déboursé près de 50 milliards d’euros en soutien au secteur culturel, pour se rendre compte qu’on a plus affaire chez nous à des effets d’annonce sans lendemain qu’à un véritable plan Marshall de la culture. 

Mais peut-être plus encore que cette urgence économique, qui risque de paralyser toute l’industrie musicale si le live venait à ne pas reprendre d’ici 2021 (ce qui est une option envisageable à ce stade), ce coup d’arrêt vient grandement bouleverser ce qu’on peut appeler communément la  « fonction sociale de la musique ». Comme le dit Vincent Carry, le directeur du festival lyonnais Nuits Sonores dans le dernier numéro de Trax, « la distanciation sociale est l’antithèse exacte de ce que nous défendons, soit rassembler les gens pour partager de la musique, des idées, du débat, des contradictions. » Du coup, on peut légitimement se demander comment les acteurs du secteur dans toute sa diversité vivent ce paradoxe actuellement. Mais également si cette crise n’est peut-être pas, au fond, l’occasion de repenser tout un écosystème qui a de plus en plus des allures de Foire du Trône d’une certaine économie libérale à qui on aurait décidément trop lâché la bride.

Suite avec les réflexions du long article de Marc-Aurèle Baly dans VICE : https://www.vice.com/fr/article/k7em5v/musique-et-culture-pendant-le-coronavirus-epidemie. qui reprend les thématiques suivantes :

Le confinement, une période d’adaptation

Processus créatif ou impératif de productivité ?

Vers l’après-confinement

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