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France : Le Bataclan, entre passé glorieux et histoire douloureuse, se cherche un avenir

À jamais marqué par les attentats de 2015, frappé comme toutes les salles par la crise du Covid-19, le Bataclan est aujourd’hui mis en vente par le groupe Lagardère. La reprise des concerts après le confinement sera-t-elle une opportunité pour se reconstruire ? Retour sur l’histoire d’un lieu mythique dont l’avenir est désormais incertain.

Article complet de Télérama à lire sous la plume de Coline Renault : https://www.telerama.fr/idees/le-bataclan-entre-passe-glorieux-et-histoire-douloureuse-se-cherche-un-avenir-6656263.php

Extraits :

Il aura suffi d’un appel pour que la réponse tombe, aussi glaçante que l’averse qui s’abat ce jour-là sur la terrasse du café de la Gaîté Lyrique. Au téléphone, Salomon Hazot, directeur de Live Nation France, branche hexagonale d’un des leaders mondiaux de l’organisation de concerts, discute avec un ami producteur. Au bout du fil, la voix se détache : « Franchement, les attentats, ça refroidi tout le monde » Et Salomon Hazot de s’exclamer : « Qu’est-ce que je vous disais ! Le Bataclan est devenu un choix par défaut. On y va seulement quand les autres lieux sont pris. »

La scène s’est déroulée juste avant que le nouveau coronavirus ne s’abatte sur nos vies et ne gèle entièrement le spectacle vivant. Depuis, l’épidémie a perdu de la vigueur, le confinement a été levé, mais la réouverture des salles s’avère toujours problématique. En raison à la fois des conditions sanitaires qui pèsent sur leur rentabilité, de la faible visibilité qu’offre à ce jour la gestion des frontières (pour la venue éventuelle d’artistes étrangers) et des incertitudes qui planent toujours sur l’envie, ou pas, qu’aura le public de s’enfermer à nouveau pour voir des spectacles.

Trop d’inconnues aux yeux de Lagardère ? Toujours est-il que le groupe, propriétaire du Bataclan, vient de le mettre en vente ‒ ainsi que quatre autres salles, le Casino de Paris, les Folies-Bergère, les Arenas de Bordeaux et d’Aix-en-Provence.

En reprenant le flambeau, Florence Jeux assure avoir d’emblée prévenu Lagardère de sa volonté de changement. « La salle s’est retrouvée au pied du mur, avec une vraie nécessité de respirer et de se renouveler. » La nouvelle directrice n’aura pas tardé à en redessiner les contours : en novembre dernier, la scène y était troquée contre un ring, pour accueillir le Muaythai Grand Prix ‒ remporté par le boxeur Jérémy Payet.

Après tout, le Bataclan, ouvert en 1865, aura été tour à tour un café-concert, un théâtre, un music-hall, un cinéma… Argument de plus, aux yeux de la directrice, pour faire le pari de la pluridisciplinarité, y compris donc avec de la boxe thaïlandaise : « En près de cent soixante ans d’histoire, la salle a fermé puis rouvert à plusieurs reprises. Chaque période fut marquée par son directeur artistique et ses évolutions. Nous n’effaçons pas la tradition, nous continuonsde l’écrire. Quant à la boxe, c’est une attitude très rock, notamment dans la théâtralité du combat. »

C’est aussi une façon de séduire un nouveau public, ce qui semble dans l’ADN du Bataclan, « la première salle parisienne à avoir attiré des jeunes de banlieue »… Au menu de sa programmation renouvelée se trouvent encore des enregistrements de podcasts en public (2 heures de perdues) ou un festival de hip-hop, initié par Léo Walk, jeune chorégraphe aussi connu pour avoir été le compagnon d’Angèle. Une façon de s’inscrire tous azimuts dans l’ère du temps, même si Florence Jeux a toujours assuré que « le Bataclan est et demeurera une salle de concerts. Cela doit rester 80 % de son activité. »

Loi du marché

Comment ? Quitte à tirer avantage de la disponibilité du lieu, sa directrice a décidé d’y développer les résidences d’artistes, très rares à Paris car peu rentables. En clair, il s’agit de mettre gratuitement la salle à la disposition d’un créateur afin qu’il puisse y peaufiner la préparation d’un spectacle – réglages des lumières, des placements, des enchaînements, des éventuelles projections… Ce fut le cas récemment du chanteur Broken Back qui, du coup, avait réservé au Bataclan la primeur de ses concerts parisiens. « Les résidences nous permettent d’accompagner un projet, de faire partie du processus de création », se félicite Florence Jeux. Avant d’admettre : « L’objectif à terme reste bien sûr de louer la salle, pour qu’elle soit viable économiquement. »

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