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Afrique – SENEGAL : DEVELOPPEMENT DES INDUSTRIES CREATIVES ET CULTURELLES – Les acteurs entre informel, souci de financements et éclosion numérique

Défaut de formalisation, d’organisation, difficultés d’accès au financement, etc. Ce sont, entre autres, les écueils auxquels font face les acteurs sénégalais des industries créatives et culturelles, face à l’expansion des outils de diffusion numérique. Des challenges qui font que le secteur peine à être un levier de développement économique du pays et notamment pour la relance post-Covid-19.La culture peut être considérée comme un vrai levier de développement, si elle est bien organisée, structurée, avec les financements qu’il faut.

En Afrique, sa contribution au produit intérieur brut (PIB) est à peine de 3 %. Au Nigeria, même avec Nollywood qui est le deuxième employeur du pays, qui génère entre 500 et 800 millions de dollars par an en production cinématographique, la contribution des industries créatives au PIB n’est que de 2 %. Mais au Sénégal, il est difficile, jusque-là, d’établir des statistiques sur la part du secteur dans l’économie nationale. ‘’Un peu partout en Afrique, la musique bouillonne, de même que l’industrie audiovisuelle. Mais nous avons remarqué que le secteur est gangrené par l’informel. La plupart des acteurs ne sont pas dans des structures formelles. C’est la raison pour laquelle les gens retrouvent difficilement les statistiques sur la culture. Mais il y en a qui s’en sortent. Il y a des gens qui savent que pour participer au développement d’un pays, il faut être formel, s’organiser et que les choses se fassent dans les règles de l’art, pour qu’on puisse développer un business durable’’, explique la patronne de Prince Arts, Ngoné Ndour, jointe au téléphone d’EnQuête.

Au-delà de l’équation de l’organisation du secteur, de la qualité des produits mis sur le marché, Ngoné Ndour a, par ailleurs, fait comprendre que le plus gros souci pour les acteurs évoluant dans les industries culturelles et créatives, est le manque de ressources financières. ‘’Au niveau des institutions financières, il y a un manque de confiance vis-à-vis des entreprises culturelles. Même au niveau de Prince Arts, c’est vraiment exceptionnel de trouver un financement auprès de ces dernières. C’est un secteur instable et elles ne prennent pas de risque. Cet écueil retarde le développement de ce secteur. Donc, beaucoup de structures qui existent en Afrique travaillent sur fonds propres’’, confie-t-elle.

Beaucoup des problèmes du secteur culturel découlent de son manque d’organisation. Ngoné Ndour trouve que si un secteur est ‘’très bien organisé’’, c’est parce que les gens qui le constituent sont ‘’très bien formés’’. Or, elle rappelle que dans le secteur de la musique au Sénégal, la majeure partie des artistes ‘’ne sont pas formés’’. ‘’Ils ne sont pas instruits. Mais vu les dernières évolutions, cela bouillonne. Et pour promouvoir le secteur, il faut que les gens prennent le risque et que l’Etat aussi puisse mettre des mécanismes nécessaires tels que les fonds de garantie afin que les institutions financières puissent mettre à la disposition des artistes des crédits et qu’ils en profitent pour mieux investir et développer leur business’’, suggère-t-elle.

Une musique qui s’exporte difficilement

Pour participer au rayonnement de l’économie nationale, les produits des industries créatives ont également besoin d’être consommés au-delà de leur pays. Cependant, d’après Ngoné Ndour, la musique sénégalaise a ‘’des difficultés pour s’exporter’’, quand on la compare avec la musique nigériane. ‘’La musique sénégalaise se vend plus autour de la communauté sénégalaise qui est à l’étranger. Maintenant, chaque chose en son temps. On a notre mbalax, notre musique pure qui est notre identité et qu’on ne peut pas juste prendre pour dire que la musique sénégalaise n’est pas exportable. Je pense qu’il faut la travailler et peut-être que ce n’est pas encore le moment, pour amener certaines communautés à la consommer’’, regrette la productrice. Or, elle signale qu’il y a plein d’artistes qui essaient de toucher d’autres sonorités pour un public beaucoup plus large. ‘’La génération qu’on a aujourd’hui, aime les sonorités diversifiées autres que le mbalax. C’est vrai aussi qu’il y a beaucoup de déchets et du n’importe quoi qui sort. Mais il faut y travailler sérieusement et il y a des professionnels qui peuvent ouvrir de bons canaux pour que notre musique puisse être consommée à l’étranger. Parce que c’est un problème de consommation. On a une musique un peu brouillon qui est, malgré tout, populaire au Sénégal’’, poursuit-elle.

Pour ceux qui ont pu réussir des choses à l’étranger, d’après elle, c’est parce qu’ils ont pu faire beaucoup de collaborations. ‘’C’est comme cela qu’on touche tout le monde. Malheureusement, actuellement, ce qui est un peu dommage, c’est que les jeunes artistes manquent de collaboration. Par exemple, avec la musique nigériane, il y a beaucoup de duos, de reprises, les musiciens collaborent beaucoup. A ce niveau, au Sénégal, il reste énormément de choses à faire. Il y a une méfiance qui est là autour des artistes. Or, cela ne fait pas progresser la musique. Chacun est dans son coin essayant de faire quelque chose. Même à partir d’une collaboration, on peut faire exploser sa carrière. D’autres peuvent faire des collaborations locales qui peuvent être intéressantes’’, analyse Ngoné Ndour.

Plus de détails, suite et article complet de MARIAMA DIEME – ENQUETEPLUS dans HomeView Sénégal : http://homeviewsenegal.com/index.php/2020/06/28/developpement-des-industries-creatives-et-culturelles-les-acteurs-entre-informel-souci-de-financements-et-eclosion-numerique/

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