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Vu de Belgique : Le travail culturel en crise

Article complet de Renaud Maes dans La Revue Nouvelle : https://bit.ly/2ZIgFOL

« No culture no future ! » : ce cri d’alarme sert de slogan à une campagne lancée le 5 mai par les fédérations professionnelles du secteur culturel, qui a déferlé sur les réseaux sociaux et a été largement commentée dans les médias traditionnels.

Le 18 juin, en séance plénière de la Chambre, quatre partis flamands, le CD&V, l’OpenVLD, la N-VA et le Vlaams Belang, renvoyaient vers une procédure longue des propositions de soutien en urgence aux travailleurs culturels déposées par le PS, Écolo et Défi, soutenus par les autres partis. Ce renvoi est une manœuvre dilatoire tout à fait explicite et elle sonne comme une forme de réponse : no future, it is.

Comment une telle situation peut-elle advenir ? Au-delà du cliché des « Flamands fascistes qui sont forcément contre la culture », abondamment relayé sur les réseaux sociaux, qui n’avance à rien et permet juste à certains édiles francophones de se construire bien facilement une vertu, il est indispensable de questionner le rapport que nous avons au « travail culturel » pour comprendre ce qu’il advient dans cette crise.

L’image immédiate qui nous vient, lorsqu’on évoque « la culture », c’est le produit culturel : un film, un morceau de musique, un tableau, une photo, une statue… Ce n’est qu’ensuite que se pose la question de l’origine dudit produit, de la manière dont il a été conçu, du travail qui a été nécessaire pour le produire. Et cette dissociation du produit culturel du travail de production culturelle nous permet finalement de croire que la culture serait de l’ordre du transcendant et, donc, ne pouvant être mise à mal par une crise aussi concrète qu’une pandémie.

Quatre axes d’analyse sont repris ensuite dans l’article : L’œuvre et le travail, De l’absence de redistribution au détournement du chômage, Une situation de précarité croissante, Pour une véritable politique du travail culturel

Et de terminer :

Mais pour qu’une action politique puisse réellement être menée, il faudra forcément commencer par reconnaitre le travail culturel dans sa spécificité, ce qui signifie, d’une part, quitter le mythe des génies et de l’inspiration instantanée, des « talents hors normes », pour considérer tout le « bricolage » (les répétitions, les essais-erreurs, les heures de travail technique) et, d’autre part, arrêter de penser produit culturel avant de penser à la production culturelle. Bien sûr, cela signifie démythifier quelque peu le travail culturel, lui faire quitter la sphère du divin pour le ramener à sa dimension humaine… ce qui pourrait contribuer à le démocratiser.

L’enjeu de la démocratisation du travail culturel, ou à tout le moins de la démocratisation du rapport créatif au travail, dont le travail culturel est un exemple, n’est pas du tout anodin. C’est ce que montre bien un argument utilisé par certains politiques pour considérer que les artistes peuvent bien se sacrifier : « iels font quand même ce qu’iels veulent » et cela, « c’est un luxe qui n’est pas donné à tout le monde ». Cet argument est revenu plusieurs fois notamment sur les pages Facebook de parlementaires flamands opposés à l’aide d’urgence aux artistes. Or on peut le lire à rebours : pour ces politiques, la normalité serait donc de ne pas aimer son travail, d’exécuter un travail qui serait contraire à notre volonté. Bref, le travail culturel les dérange surtout parce qu’il n’est pas assez aliéné. Ce qui se joue ici, c’est donc rien de moins que de défendre un projet d’émancipation du travail face à ceux qui veulent obtenir son aliénation complète.

Article complet de Renaud Maes dans La Revue Nouvelle : https://bit.ly/2ZIgFOL

Catégories :Infos générales, Réflexion

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