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France : L’appel des indépendants – Acte 2

Nous nous retrouvons, solidaires et unis dans cet ensemble d’acteurs culturels et de médias indépendants, parce que le secteur culturel auquel nous appartenons n’est pas uniforme et ne présente pas les mêmes fragilités face à cette crise :

Alors que les grandes institutions ont un niveau de financement public qui, dans l’immense majorité des cas, ne menacera pas leur survie et que les collectivités publiques endossent la responsabilité de leur pérennité, nous devons nous battre chaque jour pour tenter de sauver nos emplois et faire entendre la fragilité de notre secteur.

Alors que nous sommes contraints à cette visibilité économique à très court terme, la crise à l’inverse aiguise les appétits et accroît la prédation des grands groupes qui profitent de la fragilité des petites et moyennes structures culturelles et des médias indépendants pour les racheter et conforter leurs monopoles.

En quelques heures, le Fonds public d’investissement d’Arabie Saoudite est rentré dans le capital de Live Nation au moment même où les discussions de recomposition capitalistique débutaient en France autour du groupe Lagardère… et où le fond d’investissement de l’Etat chinois CITIC prenait le contrôle du groupe media tchèque Médea, suscitant instantanément l’inquiétude la plus vive chez les militants de la liberté de la presse et les acteurs culturels du pays. Les grandes manœuvres ont commencé, notamment dans l’industrie musicale et les médias, accentuant les concentrations et menaçant le pluralisme des opinions comme la diversité culturelle.

Nous choisissons de parler au nom des structures indépendantes, des acteurs petits et moyens de la culture, non pour nous-mêmes et nos intérêts particuliers ou sectoriels, mais parce que nous sommes convaincus que nous portons une vision et une pratique de la culture essentielles à sa diversité, à sa vitalité, à son avenir.

Parce que nous formons ce maillage contemporain et engagé, enlacé dans son époque, au plus près du terrain, des publics, notamment de la jeunesse, de leurs fractures,

Parce que nous savons articuler un engagement de proximité avec une vision européenne et cosmopolite,

Parce que nous travaillons le plus souvent avec peu de moyens, en réseau, de façon collaborative, en dialogue et en co-construction avec d’autres acteurs, avec de nombreux partenaires publics et privés,

Parce que nous dessinons notre horizon bien au-delà de nos champs disciplinaires et de nos silos, parce que nous avons intégré la révolution numérique tout en la tenant à une juste distance critique..

Pour un nouveau contrat culturel & social

Les acteurs culturels et médias indépendants entendent prendre part à la réécriture du paysage culturel et médiatique post-crise. Précisément parce qu’il expérimente depuis longtemps la fragilité et l’interdépendance, le secteur indépendant peut être à l’origine d’une redéfinition des modalités de fonctionnement du secteur culturel, à la fois économiques, sociales et politiques.

Nous devons évaluer et repenser les priorités des politiques publiques de la culture, fixer de nouveaux caps. Imaginer une politique culturelle à la hauteur de son époque, qui priorise enfin la lutte contre les inégalités d’accès, les fractures sociales, générationnelles, territoriales, et pour la diversité, l’exigence et l’attention vis-à-vis des publics, en particulier les plus fragiles, la capacité créative, l’impératif écologique, l’émergence et le rôle de la jeunesse. Une politique qui fasse siens les outils de la transmission, de l’éducation et de l’information libre et plurielle, tout en réinventant notre relation au numérique. Une politique qui assume une définition collaborative de ses enjeux, qui revendique une quête constante d’équité entre tous les territoires et tous les publics.

États Généraux des acteurs culturels et des médias indépendants

La crise suscite la forte aspiration d’un « après » qui ne doit pas être comme « l’avant » : ce besoin d’alternatives est largement porté et nourri par les acteurs culturels et médias indépendants, proches du terrain et des expérimentations concrètes. Ils forment cette pluralité de réseaux et d’archipels, ressource multiple, engagée et précieuse pour écrire notre futur.

C’est pourquoi nous prenons l’initiative d’organiser, de façon collégiale et décentralisée, en lien et en interaction ouverte avec toutes les autres initiatives allant dans ce sens (Appel à un renouveau de la liberté de la presse, mobilisation sectorielle des maisons d’édition indépendantes ou des petits éditeurs de presse…) des États généraux des acteurs culturels et médias indépendants.

Ils souhaitent constituer l’espace d’une réflexion commune sur la culture et les médias indépendants, leur fonctionnement, leurs interdépendances, les modalités d’accompagnement de l’action publique et de contractualisation avec le privé, la coopération et les nouveaux paradigmes à inventer, dans une logique d’intelligence collective.

Suite et détails de informations et du planning des Etats généraux des acteurs culturels et médias indépendants en consultant le site : https://appeldesindependants.fr/

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