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Belgique : Fraîchement retraité de chez Live Nation, Philippe Kopp nous raconte les dessous du business live

Article complet de Philippe Cornet dans le VIF : https://bit.ly/34smO4r (extraits ci-dessous)

Organisateur amateur de concerts punk-new wave, Philippe Kopp, devenu pro incontournable, a récemment pris sa retraite après 42 ans de business live. Témoignage en exclu.

Dans l’après-Woodstock, l’industrie du live glisse vers le gigantisme, celui des concerts en stades ou dans d’énormes festivals, à des prix flirtant volontiers avec les 100 euros. La maison mère américaine de Live Nation a annoncé au printemps 2020, en plein Covid, que les affaires ne pourraient reprendre à grande échelle qu’à l’automne 2021.

Ce qui est attaqué, ce sont les fondements mis en place dans notre civilisation. Schématiquement, on est passé d’une société industrielle à une société de services qui est aujourd’hui en danger. L’Horeca, les concerts, le théâtre, tout l’événementiel et le service/plaisir sont dans un état dramatique. Il suffit de voir l’annonce de l’AB, qui se sépare de 200 collaborateurs: un vrai cri d’alarme. Les concerts à 200 personnes, c’est plus symbolique qu’autre chose. Ça peut perdurer dans le temps puisqu’on nous dit que les virus vont faire éternellement partie de notre vie.

En mai 2001, votre société Sound & Vision a été rachetée par le géant américain Clear Channel, ensuite devenu Live Nation. Comment et pourquoi?

Le point d’entrée, c’est Herman Schueremans, qui est contacté et puis nous en parle: les négociations ont duré pendant deux-trois ans, avec la société SFX ensuite rachetée par Clear Channel. Ce n’était pas illogique: on négociait sans cesse avec des agents anglo-américains à une époque où les artistes tournaient peu en Inde, en Chine, dans les pays de l’Est ou en Australie. Il y avait donc la volonté des agents et des artistes de « planétariser » la bonne parole rock. On n’a pas trouvé le rachat choquant et ce n’était pas possible que Sound & Vision reste indépendante, parce que le métier fonctionne avec des agents et des relais dans chaque pays, comme une chaîne dont tu dois faire partie.

À un moment, tu t’es spécialisé sur le marché français.

Oui, il y a une vingtaine d’années, parce que j’avais l’impression que les Anglo-Saxons savaient tout mieux que nous et il se passait plein de choses en France, que ce soit Noir Désir, Miossec, Dominique A, Sylvain Vanot. J’avais toujours « fait du français », par exemple le package Ze Records à la salle Arlequin en avril 1980 avec Lizzy Mercier Descloux, Modern Guy, Les Garçons, Suicide Romeo…

Trop d’argent en jeu?

Pour moi, ce sont des vases communicants: le fric gagné d’un côté, permet de l’autre côté de développer un artiste, le placer dans des clubs, toucher des commissions riquiquis, mais faire en sorte que les artistes aillent plus loin.

Tout cela n’est-il pas devenu dingue?

La remise en question du métier est complète: on ne peut pas reprendre les concerts avant 2021, voire 2022 et certains spécialistes nous disent déjà que les vaccins ne seront peut-être efficaces que pour 70% de la population. Et que d’ici là, on pourrait avoir d’autres virus. Comment pourra-t-on faire de ce modèle quelque chose qui fasse encore de l’argent? Ça ne concerne pas que les actionnaires, mais aussi tous les gens que l’on fait travailler… C’est tout le modèle économique qui doit être remis en question. Un véritable défi.

Article complet de Philippe Cornet dans le VIF : https://bit.ly/34smO4r

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