COVID-19

France – réflexion : L’IMPÉRATIVE NÉCESSITÉ D’UN PRÊT MASSIF DE 8 MILLIARDS D’EUROS À LA VIE ASSOCIATIVE

La crise sanitaire vient de nous le rappeler une nouvelle fois : il faut prêter confiance à la solidarité. D’où l’impérative nécessité d’un prêt bancaire massif de 8 milliards et à très long terme pour soutenir la vie associative, qui préserve le visage humain de notre société et maintient vivantes les relations d’humanité. Tel est l’impérieuse mesure à mettre en place selon le chroniqueur de ProfessionSpectacle : Jean-Michel Lucas.

« PRÊTER CONFIANCE À LA SOLIDARITÉ :
L’IMPÉRATIVE NÉCESSITÉ D’UN PRÊT BANCAIRE À TRÈS LONG TERME POUR FAIRE CRÉDIT À LA VIE ASSOCIATIVE »

Résumé

La crise sanitaire a montré que le monde de l’économie concurrentielle avait vacillé sous l’effet d’un virus microscopique. L’une des conséquences a été la remise en cause de la sacro-sainte règle de l’équilibre des budgets publics par ceux-là même qui l’imposaient comme dogme absolu. Alors, pour résister à la crise, il a fallu prendre appui sur les États, mais, aussi, sur la solidarité entre les personnes.

Cet esprit de solidarité a sauvé l’humanité dans les moments les plus difficiles. Il la sauvera encore à la prochaine crise, si, collectivement, nous savons renforcer ceux qui se donnent mission de mettre le Vivre-ensemble en actes, au quotidien.

La vie associative est, pleinement, concernée par cet impératif de préserver le visage humain de notre société. Pour une part, elle a été mobilisée en pleine crise pour établir, à grand risque, des relations entre humains. Pour une autre part, l’arrêt des activités des associations a laissé du vide dans les relations de personnes à personnes. On l’a assez dit pour les festivals et spectacles, mais, aussi, pour le sport ou les multiples initiatives des centres sociaux, MJC, associations de quartier….

On peut y adjoindre les sociétés coopératives quand elles font preuve de solidarité dans leur domaine d’activités.

C’est pourquoi le plan de relance ne peut pas se réduire à faire repartir l’économie marchande ; il doit intégrer un prêt massif de 8 milliards d’euros, sous condition d’échéances de remboursement « à très long terme », pour contribuer activement à maintenir vivantes les relations d’humanité et nourrir notre capacité collective à Vouloir Vivre Ensemble.

Pour avoir accès à la réflexion en 22 points, voici le lien sur le site de Profession Spectacle : https://bit.ly/32OqKtO. (quelques éléments ci-dessous)

7. L’heure qui vient annonce le grand sacrifice de la vie associative pourtant porteuse de reconnaissance des personnes.

a) D’abord, beaucoup d’associations ont réussi à passer la crise mais leur inquiétude est grande de devoir arrêter avant la fin de 2020 ou au début 2021. L’éloignement, durant le confinement, de nombreuses personnes avec lesquelles les associations étaient en relation ainsi que la réduction des recettes d’activités durant cette période, rendent improbables le démarrage de nombreuses petites associations de proximité.

b) De plus, les dispositifs d’aides qui ont été proposés se sont révélés assez inadaptés, notamment parce qu’ils prennent l’allure « d’aides aux pauvres » (« la main qui donne est toujours au-dessus de la main qui reçoit »), et non de reconnaissance publique du rôle majeur des associations dans une société qui se veut humaniste.

c) Et, quand ce n’est pas une aide, ce sont des appels à projets qui ont été lancés. Ils ont refait surgir l’esprit de concurrence entre les associations comme moteur de l’action publique, en négation totale avec l’esprit de solidarité, nécessaire pour reconstruire notre humanité meurtrie.

d) Ajoutons que partout, la promesse est d’aller vers une société plus humaine, mais chaque porteur de solidarité continue de se heurter au mur des dossiers technocratiques, traités dans le silence des bureaux, au mépris des relations d’humanité entre le décideur public et le citoyen.

e) En toute hypothèse, la vie associative ne pourra pas compter sur les subventions des collectivités pour retrouver le moral et tenir le coup en 2021. Les annonces des élus convergent pour annoncer des baisses de budgets puisque les recettes des collectivités vont diminuer l’an prochain. Ainsi, les moyens pour la vie associative solidaire se réduiront tant que la vieille doctrine libérale de l’équilibre budgétaire sera appliquée aux collectivités territoriales, alors qu’elle a disparu au niveau national et international.

f) Il y a toujours de bons esprits pour exiger que les associations deviennent des « entreprises » et donc monétisent leurs activités. Mais l’argument traduit un réel aveuglement puisque la crise a montré que l’humanité n’a pu s’en sortir qu’en mettant de côté la logique marchande. Les relations humaines solidaires ont prévalu et il serait maintenant indécent de demander aux associations d’abandonner ces relations de personnes à personnes au profit de relations commerciales de producteurs à consommateurs !

14. Alors, investir dans cet avenir ne pose aucune difficulté de financement, car cela revient – politiquement – à affirmer la confiance de notre pays dans la vie démocratique au quotidien, générée par le monde de la solidarité. C’est faire crédit à une humanité un peu plus pacifiée. Et, faire crédit, c’est anticiper, en acceptant de prêter des ressources financières, aujourd’hui, pour construire un demain de relations toujours un peu plus respectueuses des valeurs d’humanité, lesquelles sont au cœur de notre État de droit.

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