Afrique

[Tribune] L’Afrique, dernière frontière digitale des GAFAM : quelles alternatives pour les populations ?

L’Afrique est devenue ces dernières années le théâtre d’une véritable course à la connexion des GAFAM, qui sous des dehors philanthropiques sont également à la recherche des derniers réservoirs encore non exploités d’utilisateurs de la planète. La clé de l’inclusion numérique des populations des pays africains et émergents est-elle détenue par les GAFAM ? Samir Abdelkrim, fondateur du Sommet Emerging Valley, expert de l’African Tech et auteur du livre « Startup Lions, Au Coeur de l’African Tech » , partage son analyse.  

Analyse complète dans l’article de Usine Digitale : https://bit.ly/32PyQCg (Extraits ci-dessous)

UNE VÉRITABLE COURSE À LA CONNEXION DES GAFAM


Et c’est bien sur le continent africain que les géants américains de la tech – face à la saturation des marchés occidentaux – ont jeté leur dévolu. L’Afrique est devenue ces dernières années le théâtre d’une véritable course à la connexion des GAFAM, qui sous des dehors philanthropiques sont également à la recherche des derniers réservoirs encore non exploités d’utilisateurs de la planète.

Sans internet en effet, pas d’accès possible aux services publics numériques, à l’apprentissage en ligne ni aux opportunités de travail, de commerce et d’échange. Le Président kenyan Uhuru Kenyatta l’a bien compris, lui qui a accéléré la politique de connectivité nationale pour répondre à l’urgence du confinement : depuis le 23 mars, les ballons stratosphériques du projet « Loon » du mastodonte Google survolent ainsi le pays, en assurant la couverture 4G des savanes arborées jusqu’au Kilimandjaro. Des ballons stratosphériques fabriqués en matériaux synthétiques et circulant à une altitude de 20 kilomètres au-dessus de la terre ferme.

Augmentés par une intelligence artificielle permettant d’optimiser la navigation de manière automatique, plusieurs ballons flottent déjà sur Nairobi. Censés diffuser la 4G, la mission officielle de ces ballons est d’accélérer la connexion des populations à internet, afin de recueillir des informations sur la propagation du virus, et ainsi d’en limiter la progression. Une conquête fascinante qui ne résout pas pour autant la problématique d’accessibilité des plus pauvres, et relance le débat sur la neutralité du web.

SUR LE TERRAIN, DES SOLUTIONS ALTERNATIVES COMMENCENT À ÉMERGER


Loin des stratosphères, au sol se développe des solutions alternatives, à échelle bien plus modeste mais dont les objectifs sont bien plus inclusifs. Car pleinement connectés aux réalités du terrain africain, et à ses difficultés. C’est le cas de la start-up africaine BRCK, qui développe des bornes de wifi public au Rwanda et au Kenya selon un modèle B-to-B-to-C. Gratuit pour près de 2 millions d’utilisateurs finaux aujourd’hui, le navigateur internet MOJA créé par BRCK permet de capter les réseaux avoisinants pour générer jusqu’à 100 connexions par appareil – des routeurs internet de la taille .. d’une grosse brique ! Le concept proposé par BRCK est aussi simple que révolutionnaire : connecter tout un chacun, partout, et sans condition de ressource.

Ce modèle s’adapte donc particulièrement bien aux populations rurales à faible budget, qui sont souvent de surcroît situées dans des zones blanches – sans aucun accès internet. Un business model qui repose sur le temps passé en ligne – gratuitement – par ces nouveaux consommateurs qui vont ainsi créer de la valeur digitale en répondant à de petits questionnaires et sondages. Un concept gagnant-gagnant qui permet ainsi à des millions d’utilisateurs d’accéder à internet, et avec lui à tous les services digitaux.

Le secret ? Des milliers d’antennes Wi-Fi placées directement au sein des matatus – les minibus populaires et bon marché qui arpentent les moindres recoins du pays. Dans les zones rurales, ce sont des antennes fixes plus classiques qui prennent le relais. Pour comprendre tout le sens et l’impact inédit d’un projet comme celui de BRCK, il faut réaliser que plus de 80% des kenyans aujourd’hui n’ont toujours pas accès à internet.

Une autre alternative, européenne cette fois, est développée par l’entreprise française Be-Bound : elle repose sur l’optimisation des réseaux mobiles : en permettant aux applications de consommer moins de bande passante, ces dernières peuvent ainsi utiliser le réseau téléphonique classique en l’absence d’internet. Un modèle qui rémunère chacun des opérateurs (Be-bound, les fournisseurs d’application et les opérateurs) et reste accessible pour ses utilisateurs, situés en Algérie, au Vietnam, au Laos, en Inde, en Tanzanie et en Côte d’Ivoire.

La solution pour un accès de masse à un internet de qualité se situera certainement quelque part au milieu de ces deux modèles, entre la stratosphère conquise par les GAFAM et la parfaite maîtrise du dernier kilomètre africain par les start-up locales. C’est notamment la conviction d’entrepreneurs comme Erik Hersman, qui rêve d’associer la puissance de signal des géants du numérique avec la capacité de distribution du dernier kilomètre de sociétés comme BRCK ou Be-Bound, pour un internet abordable, pour tous.

Analyse complète dans l’article de Usine Digitale : https://bit.ly/32PyQCg

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