COVID-19

Le monde de la musique classique belge à l’heure du Covid-19

Dans un pays déchiré par une crise politique et communautaire sans précédent, la pandémie du Covid-19 a, en Belgique, causé des ravages tant sur le plan du bilan sanitaire particulièrement mortifère que sur celui d’une activité culturelle et musicale, en particulier « classique », mise par voie de force en veilleuse. Retour sur la crise et état des lieux.

Article complet de Bénédict Hévry pour Resmusica https://bit.ly/37tjHdO

Revenons-en à la journée du 12 mars 2020, décisive pour les mois à venir. Un conseil national de sécurité réunissant toutes les autorités fédérales est convoqué pour orienter les décisions : arrêt complet de l’enseignement (de la maternelle au supérieur universitaire), gestion hospitalière axée sur l’accueil des cas covid-19 avérés, fermeture généralisée des hôtels restaurants et cafés, restrictions drastiques en matière d’activités sportives ou culturelles…

En ce qui concerne les concerts dans un tout premier temps, les autorités imaginent brièvement encore une jauge maximale des salles fixée à un maximum de 800 places à l’instar des mesures prises quelques jours avant en France par le gouvernement d’Édouard Philippe.

Le 10 mars, l’Orchestre national de Belgique joue encore devant une salle comble ! Mais, dans les faits, dès ce jeudi après-midi là, ironiquement très printanier, la plupart des institutions bruxelloises jettent le gant avant tout communiqué officiel et font connaître leur décision, prise la mort dans l’âme, sur leur site internet ou via les réseaux sociaux.

Flagey annonce la suspension de ses activités pour une « période indéterminée », et annule dans la foulée en cette année Beethoven (presque oubliée depuis le début de cette pandémie) l’intégrale des quatuors à cordes par le Cuarteto Casals, la veille même du premier concert du cycle prévu sur cinq jours consécutifs. La Monnaie annule les dernières représentations de la trilogie Da Ponte revue et corrigée par Le Lab. L’Opéra de Wallonie fait de même pour toutes les dates de la production très attendue, et paraît-il d’une poésie presque irréelle, selon les spectateurs de la couturière, de La Sonnambula de Bellini dans la mise en scène de Jaco Van Dormael. L’Opéra Ballet Vlaanderen emboîte le pas, de même que tous les orchestres du Royaume, à l’annonce de l’interdiction pure et simple de tout rassemblement culturel à dater du 14 mars, quatre jours avant un confinement généralisé pour tous les citoyens, imposé le 18 mars à treize heures précises.

Les mesures seront pour les salles de spectacles prolongées de proche en proche, de conseil de sécurité en conseil de sécurité jusqu’à la date buttoir du 30 juin.

Début juillet, la Chambre des représentants accouche de quatre mesures « Covid » d’aides aux artistes mais très limitées dans le temps : sont ainsi autorisées jusqu’au 31 décembre 2020 l’autorisation temporaire du cumul d’allocations de chômage et de droits d’auteur, la prolongation pendant sept mois du dispositif de non-dégressivité du chômage, la même prolongation concernant le délai durant lequel l’artiste peut refuser un emploi hors secteur, et l’assouplissement de l’accès au statut d’artiste reconnu pour les jeunes frappés par la crise du Covid. C’est mieux que rien mais les comités d’artistes sont déçus, ils n’obtiennent pas l »année blanche » demandée et obtenue par d’autres secteurs.

La jauge très prudente est fixée au premier juillet à 200 personnes en intérieur, et 400 en extérieur, sous réserve d’une éventuelle révision à la baisse de la capacité autorisée en cas de rebond épidémique, tel celui de fin juillet, après les nombreux clusters diagnostiqués à Bruxelles et Anvers. Pour les prestations d’orchestres, les distances de sécurité (un mètre cinquante en Belgique) et les paravents en plexiglas devant les instruments à vents, voire les éventuels chanteurs, sont incontournables. Les concerts sont brefs (une heure environ) sans entractes. Les vestiaires, foyers ou buvettes restant clos.

Avec un mois de recul et de nombreux conseils de sécurité nationale rassemblant les différentes entités fédérées, les mesures prises fin septembre semblent paradoxalement assouplir les normes, alors que le nombre de cas détectés (et à leur suite, le nombre d’hospitalisations de patients placés en soins intensifs et de décès liés à la covid-19) repart à la hausse.

La culture est, en dehors des musées nationaux et des entités musicales nationales, du ressort des communautés de langues. Les autorités bottent en touche en limitant toujours le nombre officiel de spectateurs à 200 participants en intérieur, mais en laissant la faculté aux bourgmestres (les maires belges) et à leurs échevins (adjoints au maire) d’autoriser un relèvement de la jauge au cas par cas.

Les normes de distanciation physique sont de mises sur la scène, ce qui devient parfois problématique pour certaines œuvres difficilement programmables.

A l’heure où nous bouclons cet article, les perspectives sanitaires sont très moroses. La situation sanitaire à Bruxelles, « zone rouge écarlate » est très préoccupante, au moins autant que celle de Paris ou Marseille. Les services de soins intensifs tirent déjà la sonnette d’alarme. Tous les indicateurs (cas détectés, admissions à l’hôpital, nombre de décès liés à la Covid) ont quasi doublé en une semaine. Selon certains experts, si la situation continue de la sorte on ne pourra échapper à un second confinement généralisé.

NDLR : On attend pour ce vendredi des mesures encore plus strictes.

Article complet de Bénédict Hévry pour Resmusica https://bit.ly/37tjHdO

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