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Pourquoi les médias traditionnels galèrent autant avec les millennials

C’est un fait, les millennials ne s’informent plus comme avant : les médias traditionnels sont délaissés au profit des réseaux sociaux. Entre déconnexion des journalistes et théories du complot, on a cherché à comprendre d’où venait ce désamour pour les journaux aussi bien papiers que télévisés.

Article complet de Léa Taieb dans Les Echos : https://bit.ly/35n7eFV Extraits ci-dessous

« Légitime de quoi ? Légitime pourquoi ? Parce que les présentateurs portent des costumes ? Parce qu’ils ont l’aval du pouvoir et le défendent ? » nous répond un internaute à la question « que pensez-vous des médias traditionnels, les considérez-vous légitimes ? », posée sur plusieurs groupes Facebook d’étudiants et jeunes actifs. Cet internaute n’est pas seul à penser ça, les réponses dans le même style sont légion : les médias seraient des chiens de garde, l’arrogance-même, les serviteurs du grand capital.

Chaque année, le baromètre de confiance dans les médias réalisé par Kantar pour La Croix évalue la défiance des Français envers les journalistes. Et chaque année, la défiance augmente. En janvier 2020, 50 % des jeunes déclarent s’intéresser faiblement à l’information contre 41 % de la population interrogée. Comment expliquer ce désintérêt pour l’actualité ? Pourquoi les médias sont-ils de moins en moins aimés par la jeunesse ?

Les millennials s’informent grâce aux réseaux sociaux

Un peu de contexte, d’abord. Oui, les millennials ne s’informent pas comme leurs aînés. Ils lisent moins, consultent pas ou peu les médias traditionnels, de type presse écrite et radio. D’après le Reuters Digital News Report 2020, sur 80.000 personnes interrogées (de 40 pays différents), 47 % des 18-34 ans s’orientent vers des contenus partagés sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Snapchat, Instagram et désormais TikTok) puis vers la télévision (24 %). « Mais attention à ne pas opposer réseaux sociaux et sources d’informations professionnelles, prévient Sophie Jehel, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-8. Car les médias généralistes sont aussi présents sur les réseaux sociaux, c’est ainsi qu’ils partagent leur contenu ».

« Ce qui change avec les réseaux sociaux, c’est l’horizontalité : on accède à l’information en même temps que l’on accède à d’autres types de contenu. La parole du journaliste n’est plus sacralisée, elle est aussi valable que celle d’une entreprise, d’un lobby ou d’un influenceur », analyse Jean-Marie Charon, sociologue spécialiste des médias et du journalisme.

Ok, le journaliste n’a plus la même force de frappe. Mais, d’où vient le décalage entre les attentes du jeune public et les médias traditionnels ? Sachons qu’il ne serait pas nouveau. « Il trouverait son origine dans les années 70 avec la création de radios dédiées aux nouvelles générations », souligne Jean-Marie Charon. Les médias historiques n’étaient déjà plus capables de s’adapter à cette nouvelle demande.

Le journaliste encore valorisé par l’élite

D’après ce responsable, seules les catégories sociales supérieures respectent encore la figure du journaliste. Mais du côté des milieux populaires, les journalistes sont associés à une caste composée essentiellement de personnes du même milieu social, qui pensent pareil. « Un vrai manque de diversité qui les empêche de s’adresser à un public plus large qu’eux-mêmes », regrette Mathieu Maire du Poset, directeur et cofondateur du Tank Media, un incubateur de médias. Il donne l’exemple des étudiants en écoles de journalisme disposant pour la majorité d’un capital social et culturel important et baignant pendant plusieurs années dans le même environnement, suivant les mêmes cours. « Et pour les quelques exceptions qui ne rentreraient pas dans le moule, le formatage semble inévitable ».

L’inadaptation des médias traditionnels à la jeunesse a profité à des entreprises comme Brut, Loopsider ou encore Konbini. « Ces médias ont tout compris en produisant des vidéos courtes, anglées, incarnées, avec un vrai propos journalistique. Ils sont complètement en phase avec les attentes des moins de 35 ans », explique Guillaume Benech, 20 ans, à la tête d’Odace Media, un cabinet de conseil spécialisé dans la communication par les usages digitaux des nouvelles générations (15-25).

Aujourd’hui, pour réconcilier millennials et médias traditionnels, une rédaction doit être capable de créer en plus de leur production d’articles classiques des espaces de discussion en fonction du public. Pour être schématique : créer de l’information sur TikTok à destination des millennials et conserver des longs formats papier et web pour les plus âgés.

Article complet de Léa Taieb dans Les Echos : https://bit.ly/35n7eFV

Catégories :Infos générales, Médias

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