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France – Mise en commun : à Marseille, une dizaine de structures du secteur musical travaillent en coopérative sous le nom de Grand Bonheur

Depuis 2013, à Marseille, une dizaine de structures du secteur musical travaillent en coopérative sous le nom de Grand Bonheur. Cette configuration, mêlée aux fonds de soutien, ont limité les effets de la crise sur leur chiffre d’affaires, selon son cofondateur Olivier Jacquet.

Article de Thomas Colin dans Culture Matin : https://bit.ly/3msnoVm

Qu’est-ce qui a initié la réunion de ces structures et quels métiers recouvre-t-elle ?

Nous n’avons pas fusionné quatre structures existantes, mais plutôt constitué une structure avec plusieurs entités indépendantes.

À l’origine, le tourneur Limitrophe Production, l’agence en conseil artistique Seconde Opinion et les compagnies Les Dits Sont de Là et Montanaro ont souhaité mener une aventure commune, confronter leurs compétences et mener une réflexion collective sur le rôle de l’art dans la société. Plus tard, d’autres structures et projets nous ont rejoints. 

Plus concrètement, nous n’avons pas fusionné quatre structures existantes, mais plutôt constitué une structure avec plusieurs entités indépendantes, pour mettre en commun des outils de travail et croiser nos activités sur certains projets. Nous avons par exemple pu engager un service administratif digne de ce nom, et engranger plus d’activité. La coopérative nous a rendus plus agiles. 

Tous les postes sont potentiellement transversaux, à l’exception du booking, et nous couvrons pratiquement toute la chaîne de l’écosystème musical (label, production, management, festival, tourneur…), à l’exception de l’édition, qui se fait en externe avec Alter K. Nous pouvons aussi bien produire un concert en appartement qu’un Zénith. 

Désormais, Grand Bonheur fait travailler 16 salariés permanents, 18 artistes-techniciens et 225 intermittents. 

Comment les différentes structures sont-elles liées économiquement ?

Chacune a une activité et un chiffre d’affaire indépendants. Par exemple, lorsque Xavier Decleire, un de nos membres, fait de la programmation à la Maroquinerie à Paris, c’est une prestation conventionnée Grand Bonheur, mais c’est son son business à lui. 

Chacune a une activité et un chiffre d’affaire indépendants.

Il existe cependant un engagement sous la forme d’une contribution annuelle à la SCIC, qui couvre les frais de fonctionnement du lieu et de la coopérative. Un fond d’épargne commun existe également, qui peut venir en aide à l’une des structures si elle est en difficulté, à condition que cela soit validé par tous les membres. 

Une AG annuelle se réunit pour faire le bilan de l’année écoulée. L’assemblée comprend une quarantaine de personnes : un collège de directeurs artistiques, un autre de salariés, un autre de membres volontaires ayant travaillé avec nous par le passé, et un dernier de personnes morales contributrices.

Dans quelle mesure cette configuration en coopérative vous a permis de traverser la crise actuelle ?

Notre baisse de chiffre d’affaires est de 70 %, ce qui est moins sévère que d’autres structures dans le secteur. Nous bouclerons l’année sur un chiffre de 1,2 à 1,3 millions d’euros, contre 3,5 normalement. Nous n’avons pas entamé notre trésorerie, nos collaborateurs ont travaillé grâce à nous et nous n’avons pas licencié. Nous ne touchons normalement que 6 % de fonds publics, cette année est différente du fait des différents dispositifs d’aide du CNM qui nous permettent de survivre. 

L’activité qui a le plus souffert est le booking. Il était prévu de le développer à l’étranger, ce qui est bien sûr impossible actuellement. L’activité label, par exemple, s’en est plutôt bien sortie, avec un planning de sorties maintenu – par chance, aucune de ces sorties ne nécessitait de gros investissement. 

Nous avons également mis sur pied la tournée de Fred Nevché et Simon Henner (French 79), un projet en assis autour de Lou Reed intitulé The Unreal Story Of Lou Reed. C’est un projet qui a pu se ficeler assez vite grâce à la réactivité de la structure. Nous travaillons aussi sur d’autres projets « covid-compatibles », notamment un live inédit entre séance d’écoute de podcast et concert live issu de la compilation que nous venons de sortir, Lessismmmore par Martin Mey & Friends, ou encore des sessions live dans des musées avec la Ville de Marseille. 

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