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France – Streaming musical : une étude du CNM évoque les fausses écoutes

Après plus de dix-huit mois de travail, le Centre national de la musique diffuse son étude sur la manipulation des écoutes sur les plateformes musicales, et plus précisément sur les streams considérés comme frauduleux, ou faux streams. Elle constitue la première étude au monde sur ce sujet, documentée et concertée.

Sur Spotify, Deezer et Qobuz, entre un milliard et trois milliards de « streams » en France « au moins » étaient faux en 2021, selon cette étude du Centre national de la musique, première du genre. (Le Monde)

La multiplication de faux streams, c’est-à-dire les procédés permettant d’augmenter artificiellement le nombre d’écoutes ou de vues pour générer un revenu, est, ni plus ni moins, du vol : dans un système reposant sur le market centric, dans lequel la rémunération des ayants droit résulte, pour chaque titre, de la part qu’il représente dans l’ensemble des écoutes du marché national sur une année, celui qui gonfle ses chiffres d’écoute retire une part de rémunération à tous ceux qui ne trichent pas, en contribuant à faire baisser la rémunération moyenne par stream de tous les ayants droit. Il était donc très important de vérifier la réalité de ces phénomènes, de les décrire et les qualifier, d’en mesurer l’impact sur le marché et de rechercher les moyens de lutter contre ces fraudes. C’est à cela que le CNM s’est attaché, à la demande du ministère de la Culture.

Deezer et Qobuz, d’abord, Spotify également, se sont engagés dans la démarche en transmettant la volumétrie globale des fausses écoutes détectées sur le marché français ainsi que des données plus détaillées sur la base des 10 000 titres les plus écoutés. Ces données ont été complétées par des données de certains distributeurs, représentant au global la majorité du marché français.

Il faut en revanche regretter que des acteurs comme Amazon Music, Apple Music et YouTube n’aient pu ou souhaité partager leurs données suivant le périmètre d’observation défini, malgré toutes les garanties de confidentialité que le CNM leur apportait. 

Quelques conclusions principales peuvent être tirées de l’étude :

  1. La manipulation des écoutes en ligne est une réalité : Selon les données de Deezer et de Spotify, la fraude détectée se situe ainsi à plus de 80% au niveau de la longue traîne (au-delà du top 10 000) et, selon les propos des professionnels, pourrait être liée à la volonté d’ayants droit à notoriété limitée d’émerger dans une offre très riche ou à une stratégie de « parasitisme » consistant à générer des revenus artificiels de faible volume, mais sur la durée, en demeurant sous les « radars ». S’agissant des « tops », on peut également formuler deux hypothèses, alternatives ou cumulatives : soit les titres les plus écoutés sont proportionnellement moins concernés par ces pratiques frauduleuses, soit ils sont l’objet de techniques de fraudes plus difficilement détectables, visant non pas à créer un volume très important de fake streams sur l’ensemble de l’année, mais à optimiser un classement à court terme à des fins de meilleur référencement.
  2. Sur la base des données communiquées par Deezer, Qobuz, Spotify (avec des méthodologies de détection différentes) et un panel de distributeurs (Universal, Sony, Warner, Believe et Wagram représentant plus de 90% du top 10 000 Spotify et plus de 75% du volume de streams global réalisé sur Deezer), le rapport établit que, en France, en 2021, entre 1 et 3 milliards de streams, au moins, sont faux, soit entre 1 et 3% du total des écoute
  3. Dans le détail, les éléments suivants se dégagent plus particulièrement au sein des top 10 000. : Toutes les esthétiques sont touchées par ce phénomène, du hip-hop/rap à la chanson française, la pop le rock/métal ou encore le classique et aucun de ces genres ne doit être pointé du doigt et dans des proportions cohérentes avec leur part de marché. 96 % de la détection provient de la nouveauté et 93 % du catalogue local français. La part de streams détectés sur les nouvelles sorties locales, s’élève à 0,46%. Sur le top 10 000 Qobuz elle est à 1,18% et 0,75% sur Deezer.
  4. Face à ce phénomène, il faut saluer la mobilisation croissante de tous les acteurs sollicités par le CNM.
  5. Cette dynamique doit être amplifiée et au-delà de la détection, il convient de s’interroger sur les modalités de sanction des pratiques frauduleuses.

Source : communiqué de presse du CNM : https://bit.ly/3kl79hk et pour avoir accès à l’étude complète : https://bit.ly/3ZDlhCF

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